
Une nouvelle attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF) a fait au moins 18 morts, dans le territoire de Mambasa, en Ituri, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les victimes sont principalement des orpailleurs. Plusieurs personnes sont toujours portées disparues tandis que les autorités locales, les organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains alertent sur la poursuite des violences dans cette région frontalière de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF) a coûté la vie à au moins 18 civils dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, selon un bilan communiqué par des organisations de la société civile. Les faits se sont produits le mercredi 22 juillet 2026 dans plusieurs villages du groupement Mambembe-Bella, une zone située dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Des orpailleurs parmi les principales victimes
Le bilan reste provisoire. Des habitants sont toujours portés disparus et plusieurs personnes auraient été enlevées lors de l’attaque. Les assaillants étaient encore signalés dans certains secteurs après les violences, compliquant les opérations de recherche et l’évaluation complète des pertes humaines. Selon les responsables locaux de la société civile, la majorité des victimes étaient des orpailleurs travaillant dans cette région riche en ressources minières.
Plusieurs habitants auraient également été pris en otage par les assaillants au cours de leur incursion. Le président de la société civile locale, Kambale Penzi Philemon, a indiqué que le nombre de victimes pourrait encore augmenter au fur et à mesure des recherches. Il a appelé les autorités congolaises à renforcer la protection des populations civiles et à intensifier les opérations de sécurisation dans cette partie de l’Ituri.
Nouveaux déplacements de population
Des témoignages recueillis sur place font également état d’actes de violence commis contre les civils. Selon les informations communiquées par les responsables locaux, certaines victimes auraient été tuées à l’arme blanche. Les habitants dénoncent également l’insécurité qui continue d’affecter les villages de cette zone. L’attaque a provoqué un nouveau mouvement de déplacement des populations. Plusieurs familles ont quitté leurs villages pour rejoindre des localités jugées plus sûres.
Ces personnes ont abandonné leurs habitations et leurs activités économiques. L’organisation de défense des droits humains Protection Plus a indiqué que ces violences aggravent une situation humanitaire déjà préoccupante dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Elle appelle les autorités nationales et les partenaires internationaux à renforcer les mesures destinées à protéger les civils.
Les ADF poursuivent leurs attaques dans l’Est de la RDC
Les responsables locaux regrettent également l’absence d’intervention rapide des forces de sécurité présentes dans la région au moment de l’attaque. Ils demandent un renforcement des effectifs militaires dans les zones les plus exposées aux incursions des groupes armés. Cette nouvelle attaque intervient au moment où est notée une recrudescence des violences attribuées aux ADF. Le groupe armé multiplie depuis plusieurs semaines les attaques contre les populations civiles.
Les territoires ciblés : Mambasa, Beni, Irumu et d’autres localités situées à cheval entre les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Quelques jours auparavant, une autre attaque menée dans le village de Nziapanda, dans le territoire de Beni, avait fait au moins 22 morts, selon les autorités locales. Parmi les victimes figurait un technicien d’une radio communautaire. Ces attaques se poursuivent malgré les opérations militaires conjointes conduites par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF).
Un groupe armé actif depuis plusieurs décennies
Les deux armées coopèrent depuis la fin de l’année 2021 dans le cadre de l’opération militaire baptisée Shujaa, destinée à combattre les ADF dans les zones frontalières. Les Forces démocratiques alliées (ADF) sont un groupe armé créé en Ouganda dans les années 1990 avant de s’implanter durablement dans l’est de la République démocratique du Congo. Chassé de son territoire d’origine, le mouvement s’est progressivement installé dans les régions forestières du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Depuis plusieurs années, les autorités congolaises, les Nations unies et plusieurs pays occidentaux considèrent les ADF comme l’un des groupes armés les plus meurtriers opérant dans l’Est de la RDC. Le groupe a prêté allégeance à l’organisation État islamique, qui revendique régulièrement certaines de ses attaques par l’intermédiaire de ses canaux de communication.
Affrontements impliquant d’autres mouvements armés
Selon les rapports des Nations unies et des organisations humanitaires, les violences attribuées aux ADF ont causé la mort de plusieurs milliers de civils au cours des dernières années et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
L’Est de la République démocratique du Congo demeure confronté à une insécurité chronique, du fait de la présence de plus d’une centaine de groupes armés locaux et étrangers. En parallèle des attaques des ADF, les affrontements impliquant d’autres mouvements armés continuent d’affecter les populations civiles. Ce qui complique les efforts de stabilisation et les opérations humanitaires dans cette région du pays.




