Ramadan 2012 : fin de polémique à Gennevilliers ?

Face à l’afflux de réactions indignées suite à sa décision de suspendre quatre animateurs pour avoir observé le jeûne du mois de Ramadan, la mairie communiste de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) a annoncé ce mardi qu’elle se rétractait. Cette polémique n’a pas fini de faire parler d’elle.

Jacques Bourgoin, maire communiste de Gennevilliers avait décidé de suspendre quatre animateurs musulmans qui observent le jeûne pendant ce mois de Ramadan. Ce dernier avait souligné que le contrat de travail des employés prévoyait qu’ils devaient se restaurer et s’hydrater au cours de la journée. Une mesure apparemment prise à la suite d’un accident l’année précédente.

Depuis le 20 juillet, premier jour du Ramadan, la polémique enfle au point que le maire a finalement décidé de faire marche arrière. Dans un communiqué, la mairie explique qu’elle renonce à « imposer l’application de l’article incriminé du contrat de travail », sur lequel elle fondait sa décision. La municipalité, qui invoquait la sécurité des enfants, précise qu’elle ajoutera « des moyens pour renforcer la visite régulière de ses centres de vacances ».

Un recul déploré par le Front national (FN), qui a, par ailleurs, dénoncé dans un communiqué, les « réactions communautaristes qui font fi des principes de sécurité et de laïcité ». Des alliés originaux et quelque peu embarrassants pour un maire communiste.

Un lobby musulman ?

Dès la suspension des quatre animateurs, les médias, les femmes et hommes politiques et les associations, se sont mobilisés. Les polémiques autour de l’islam sont en effet facilement ré-activables en France. Or, pour une fois, la communauté musulmane française a su se rendre audible.

Rapidement, le Conseil français du culte musulman (CFCM), par la voix d’Abdallah Zekri, un chargé de mission, a dénoncé un problème de discrimination et a menacé de porter plainte contre la municipalité. « C’est un acte discriminatoire, la liberté religieuse fait partie du paysage français, c’est une liberté fondamentale et elle doit être respectée », a-t-il indiqué sur BFM TV. Le Front des banlieues indépendant (FBI) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), ont quant à eux dénoncé « un acte islamophobe », et appelé à manifester.

L’avocat des quatres jeunes, Me Mohand Yanat, a également su mettre en garde la municipalité quant au risque d’être traînée devant les prud’hommes. « Seuls trois motifs permettent de rompre un CDD : l’inaptitude physique, la faute grave ou la force majeure. Or, l’inaptitude physique doit être constatée par un médecin. Ce n’était pas le cas ici, aucun protocole n’a été respectée », a-t-il clairement expliqué. Une victoire, donc, à l’actif de la liberté de culte. Un lobby musulman serait-il en train de se structurer en France ?

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