Rabat et Tripoli vers un nouveau départ

Le Premier ministre libyen, Abdel Rahim al-Kib est arrivé mercredi au Maroc pour une visite de deux jours. C’est la première fois qu’un responsable se rend dans le pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi. Les deux pays, en froid sous le règne du défunt leader libyen, souhaitent relancer leurs relations.

Pour un « nouveau départ dans les relations entre Rabat et Tripoli ». C’est l’objet de la visite du Premier ministre libyen Abdel Rahim al-Kib, arrivé au Maroc avec une importante délégation ministérielle mercredi. Une première depuis la chute de Mouammar Kadhafi. Une visite symbolique pour les deux pays en froid sous le règne de l’ancien leader libyen.

Abdel Rahim al-Kib s’est entretenu avec son homologue Abdelilah Benkirane, chef du Parti de la justice et du développement (PJD). Plusieurs sujets ont été mis sur la table : leurs relations bilatérales, la situation des pays du Maghreb, du Mali, du Sahel et du Sahara occidental. Le Premier ministre libyen souhaite également renforcer la coopération économique entre les deux pays. Il a invité les Marocains à venir travailler en Libye, pays riche en pétrole, pour contribuer à sa reconstruction. Avant le conflit libyen, la communauté marocaine établie en Libye était évaluée à 100 000 personnes.

Abdel Rahim al-Kib souhaite également un renforcement de l’Union du Maghreb arabe (UMA). « L’UMA contient beaucoup de rêves que nous voulons voir réalisés, mais cela ne se fera qu’à la condition que cette union soit bien préparée, sérieuse et dotée d’un calendrier clair », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, affirmant que le renforcement de cette coopération « devait se faire le plus rapidement possible ».

L’UMA, une organisation à l’agonie

Les pays membres de l’UMA sont le Maroc, la Tunisie, la Libye, l’Algérie et la Mauritanie. L’organisation, née à Alger en 1989, est à l’agonie. Dès les premières années de sa création, plusieurs crises diplomatiques avaient éclaté entre les différents pays membres. En 1994, un attentat terroriste a lieu à Marrakech. Les Marocains s’empressent d’accuser sans preuve les services algériens d’être les instigateurs de ce crime et instaurent le visa pour les Algériens. En réponse, Alger décide de la fermeture des frontières. Une rupture des relations bilatérales entre les deux pays qui a davantage fragilisé l’institution.

Après le printemps arabe, les dirigeants des pays membres ont mené plusieurs actions pour réanimer l’UMA plongée dans un profond coma. Le 9 juillet, une réunion inédite des chefs de la diplomatie des pays membres de l’organisation a été organisée à Alger pour examiner la question sécuritaire dans la région. Déjà en février 2012, lors de sa première tournée régionale en tant que chef d’Etat, le président tunisien Moncef Marzouki, a proposé à ses homologues, l’organisation en Tunisie d’un sommet de l’UMA.

Ce projet de réactivation de l’UMA est né du rapprochement des capitales des pays membres, notamment entre Alger et Rabat. Avec le sommet ministériel en juillet, l’organisation a franchi un pas. Reste à savoir si la réunion des chefs d’Etat proposé par Moncef Marzouki se concrétisera.

Lire aussi :

 [L’Union du Maghreb arabe à l’agonie

 >http://www.afrik.com/article6883.html]