Prix ONU 2026 : le Sénégalais Serigne Magueye Gueye honoré pour son combat contre la fistule obstétricale


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Prix ONU 2026 : le Sénégalais Serigne Magueye Gueye honoré pour son combat contre la fistule obstétricale
Serigne Magueye Gueye

Le chirurgien-obstétricien sénégalais Serigne Magueye Gueye a été distingué par le Prix des Nations Unies pour la population 2026 dans la catégorie individuelle. Ce prix prestigieux récompense plusieurs décennies d’engagement au service des femmes souffrant de fistule obstétricale, une complication grave de l’accouchement qui continue de toucher des milliers de femmes en Afrique.

Le Sénégal est à l’honneur sur la scène internationale. Le Professeur Serigne Magueye Gueye, chirurgien-obstétricien, urologue et enseignant-chercheur à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, a reçu, mercredi 8 juillet, le Prix des Nations Unies pour la population 2026 dans la catégorie individuelle.

Décernée lors de la 41ᵉ édition de cette distinction créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette récompense met en lumière le parcours d’un médecin qui a consacré une grande partie de sa carrière à la lutte contre la fistule obstétricale. Cette lésion, provoquée le plus souvent par un accouchement difficile sans prise en charge médicale adéquate, entraîne une incontinence chronique et expose les survivantes à la stigmatisation, à l’isolement et à de profondes souffrances psychologiques.

Serigne Magueye Gueye, pionnier de la lutte contre la fistule obstétricale en Afrique

Reconnu comme l’un des pionniers de la prise en charge de cette pathologie en Afrique de l’Ouest, le Pr Gueye a permis à des milliers de femmes de retrouver leur dignité grâce à des interventions chirurgicales spécialisées. Son engagement ne s’est toutefois pas limité aux blocs opératoires. Soucieux de renforcer durablement les capacités médicales du continent, il a formé des chirurgiens issus de plus de 45 pays d’Afrique subsaharienne.

Afin de rapprocher les soins des populations les plus vulnérables, le spécialiste a également transformé sa propre résidence en centre de santé. À travers le Centre de santé Aristide Mensah, implanté à Yeumbeul dans la banlieue de Dakar, il accueille des patientes souvent privées d’un accès aux services médicaux spécialisés.

Dans un entretien accordé à ONU Info, le professeur a insisté sur la nécessité de prévenir plutôt que de guérir. Selon lui, le renforcement des systèmes de santé et l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence, notamment aux césariennes réalisées à temps, constituent les principaux leviers pour éliminer la fistule obstétricale d’ici à 2030.

« Le renforcement des systèmes de santé en général et le développement des soins obstétricaux d’urgence constituent, à mes yeux, la clé pour éliminer la fistule », a-t-il déclaré.

Le chirurgien rappelle également que la prise en charge ne s’arrête pas à l’intervention médicale. Les communautés ont, selon lui, un rôle important dans l’identification des femmes qui vivent souvent cachées en raison de la honte, mais aussi dans leur accompagnement vers une réinsertion sociale et économique.

« Pour moi, c’est un travail collectif « 

Recevant cette distinction, le Pr Serigne Magueye Gueye a tenu à souligner qu’il ne considère pas cette récompense comme une réussite personnelle.

« Pour moi, c’est un travail collectif », a-t-il affirmé, estimant que cet hommage revient à toutes les personnes qui l’ont accompagné dans son combat en faveur des femmes les plus vulnérables.

Cette distinction intervient alors que le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) renouvelle son engagement pour mettre fin à la fistule obstétricale d’ici à 2030. Depuis le lancement de sa campagne mondiale en 2003, l’agence onusienne a facilité plus de 153 000 opérations de réparation dans plus de 55 pays et a développé des programmes de prévention, de traitement et de réinsertion des survivantes.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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