Présidentielle au Burundi : entre 72 et 80 % de participation, selon la Céni

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) au Burundi a annoncé un taux de participation situé entre 72 et 80 % lors de l’élection présidentielle de mardi dernier. Les résultats devraient être connus vendredi.

La proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 21 juillet se fera vendredi a annoncé le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Pierre Claver Ndayicariye, au cours d’une conférence de presse mercredi. Il a indiqué que le taux de participation se situe entre 72 et 80 %.

La plupart des journalistes sur place ont constaté une très faible affluence dans les bureaux de vote tout au long de la journée au cours d’un scrutin qui avait été boycotté par la quasi totalité de l’opposition. Le porte-parole de la présidence burundaise, Willy Nyamitwe, s’était déclaré « satisfait » du scrutin qui s’est déroulé dans un « climat positif ».

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« Lacunes et tricheries »

« Qu’on dise même qu’il y a eu un taux de participation de 100%, cela ne nous regarde pas. Nous sommes en dehors de ces élections. Sinon, nous aurions envoyé nos mandataires politiques, pour relever les lacunes et les tricheries », a rétorqué Charles Nditije, membre de la coalition d’opposition « Amizero y’Abarundi’ » (Indépendants-Espoir des Burundais), dirigé par Agathon Rwasa, rapporte Anadolu Agency. Il a annoncé que son parti demandera l’annulation de cette élection lors de la reprise des négociations ajournées dimanche dernier. Même son de cloche du côté du président du Frodebu Nyakuri, Jean Minani, qui a dénoncé mercredi une « mascarade électorale ».

Après la publication d’un rapport de l’ONG Médecins sans frontières (MSF) lundi sur l’afflux de réfugiés burundais en Tanzanie, c’est au tour d’Amnesty Internationale mercredi de publier un rapport qui dénonce l’usage « excessive et disproportionnée » de la force par la police burundaise à l’encontre des manifestations de ces derniers mois. L’organisation évoque des « violations, entre autres du droit à la vie, la liberté d’association et le rassemblement pacifique ».

Déploiement des experts de l’Union africaine

Cette annonce intervient alors que les observateurs et militaires de l’Union africaine (UA) ont commencé à se déployer mercredi au Burundi comme prévu lors du Conseil paix et sécurité de l’organisation panafricaine en juin dernier. Cette mission devait entrer en action il y a plus d’un mois déjà.

L’UA et les Etats-Unis ont accusé le gouvernement d’avoir tout fait pour retarder l’arrivée de ces experts avant l’élection présidentielle. « Nous avons travaillé directement avec le département de paix et de sécurité de l’Union africaine. Il y a eu des hauts et des bas qui ne sont pas nécessairement imputables au gouvernement du Burundi », avait répondu le ministre des Relations Extérieurs et de la Coopération Internationale, Alain Aimé Nyamitwe, peut-on lire sur RFI.