Dans l’attente des résultats de la présidentielle, le Burundi retient son souffle

Critiquée par la communauté internationale, boycottée par l’opposition, l’élection présidentielle burundaise a peu mobilisé la population mardi selon des observateurs sur place. La Présidence de la République s’est déclaré « satisfait » d’un scrutin qui s’est déroulé dans un « climat apaisé ». L’heure est à la compilation et à la centralisation des résultats ce mercredi après le dépouillement des bulletins. Les résultats devraient être rendus publiques jeudi dans la soirée.

Le dialogue de sourd continue entre le pouvoir et l’opposition au Burundi. Deux versions du déroulement de l’élection présidentielle de mardi, radicalement différentes, s’opposent. Le porte-parole de la présidence, Willy Nyamitwe, s’est déclaré « satisfait » du scrutin qui s’est déroulé dans un « climat positif » et avec un « taux de participation élevé ». De l’autre, la plupart des partis d’opposition, dont le président du Frodebu Nyakuri, Jean Minani, ont dénoncé une « mascarade électorale », sur les ondes de la radio RFI.

Mercredi, après le dépouillement des bulletins, le travail de compilation et de centralisation étaient à l’œuvre. Les résultats devraient être connus ce jeudi en soirée, selon le président de la Commission électorale, Pierre-Claver Ndayicariye.

« Revenir à la table des négociations »

L’élection a été condamnée par les États-Unis, l’Union européenne et la Belgique, qui ont dénoncé un scrutin « non crédible ». Après le retrait de la candidature de trois candidats samedi, trois autres candidats étaient toujours en lisse face à Pierre Nkurunziza. Ils sont perçus comme « proches » du pouvoir. Il s’agit de Gérard Nduwayo de l’Union pour le progrès national (UPRONA), de Jean de Dieu Mutabazi de la Coalition pour une opposition participative (COPA) et de Jacques Bigirimana de l’aile dissidente des Forces Nationales de libération (FNL).

Alors que la victoire du président sortant Pierre Nkurunziza ne fait pas de doute, « il va falloir revenir à la table des négociations. Cette société est profondément en crise, nous sommes au bord d’une nouvelle guerre et il faut qu’on arrête de faire semblant que tout va bien », a indiqué le directeur de la radiotélévision Renaissance, Innocent Muhozi. Le dialogue avait été interrompu sine die dimanche dernier après la politique de la « chaise vide » du pouvoir en place. Il s’opposait à la mise en place d’un Conseil national, une plate forme commune de l’opposition, qui vise, selon l’exécutif, à mettre en place un gouvernement parallèle.