Pourquoi le Tchad a expulsé quatre diplomates soudanais


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Le Premier ministre tchadien, Saleh Kebzabo
Le Premier ministre tchadien, Saleh Kebzabo

Le Tchad a expulsé quatre diplomates soudanais à travers une décision prise samedi. Les diplomates ont tout juste 72 heures pour quitter le territoire tchadien.

Les autorités tchadiennes viennent de déclarer persona non grata quatre diplomates soudanais. Il s’agit de Mukhtar Bilal Abdelsalam El-Abass, premier conseiller ; Abdel-Rahim El-Awad Eltoum, attaché militaire ; El-Hag Abdalla El-Hag Ahmed, consul à N’Djamena et Mohamed El-Hag Bakhit Farah, consul général adjoint basé à Abéché. Ces derniers ont 72 heures pour quitter le Tchad.

« Propos graves » tenus par les diplomates soudanais

« Cette mesure fait suite aux propos graves et dénués de tout fondement, du général Yasser Al-Atah, chef d’état-major des forces armées soudanaises, accusant le Tchad d’interférer dans le conflit inter-soudanais… Ces accusations ont été réitérées, à la surprise générale, par le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Assadickh, récemment sur une chaîne de télévision locale », a déploré N’Djamena.

« Le gouvernement de la République du Tchad ne saurait tolérer cela et rappelle aux autorités soudanaises qu’il apporte tout son assistance tant sur la recherche de la paix que sur celle de l’accueil sur son territoire des milliers des frères soudanais ayant fui la guerre », ont poursuivi les autorités tchadiennes. En effet, des milliers de Soudanais ont fui leur pays pour se réfugier au Tchad voisin.

456 336 nouveaux réfugiés

Selon la diplomatie tchadienne, il y a 1 371 088 personnes en déplacement de force; 1 675 000 demandeurs d’asile et 456 336 nouveaux réfugiés depuis le 5 novembre dernier. En juin dernier, N’Djamena avait lancé un appel à l’endroit de la communauté internationale, demandant un soutien financier et technique pour faire face à cet afflux massif. Lequel soutien, précisait-on, était « plus urgent qu’une conférence internationale ou une table ronde sur la mobilisation des fonds ».

Cette crise est la conséquence des affrontements entre les forces du général Abdel Fattah al-Burhan et les paramilitaires des Forces de soutien rapide, dirigés par Mohamed Hamdan Dagalo. Ces réfugiés vivent dans une situation critique au Tchad qui fait aussi face à la crise humanitaire. Ce, en raison des conflits armés et les perturbations climatiques. Fin juin, le Premier ministre tchadien, Saleh Kebzabo, avait alerté que son pays « ne pourra pas supporter seul le poids de la crise ».

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