Obama-McCain: et si les sondages ne disaient pas la vérité ?

A quelques heures de la présidentielle américaine, des doutes planent sur la fiabilité des pronostics. Barack Obama donné vainqueur pourrait ainsi perdre en raison de sondages trompeurs, selon certains analystes. D’autres parlent de l’« effet Bradley », du nom du candidat Afro-Américain, Tom Bradley qui a perdu l’élection au poste de gouverneur de la Californie à la surprise de tous, en 1982. L’inquiétude naît chez les démocrates et l’espoir monte dans le camp républicain.

Les sondages de ces dernières semaines donnent, tous, Barack Obama vainqueur de la présidentielle américaine. RealClearPolitics, qui établit une moyenne de plusieurs sondages, plaçait ce week-end Barack Obama à 7 points devant John McCain. Selon l’AFP, cet écart s’établit à 6,3 points sur le plan national. Et le dernier sondage de l’institut Gallup, paru ce lundi dans USA Today, crédite le candidat démocrate de 11 points d’avance sur son adversaire républicain.

Mais fin octobre, l’écart entre les deux candidats s’est un peu réduit. Un sondage Reuters/C-SPAN/Zogby publié le 28 octobre, donnait ainsi Barack Obama vainqueur à 49% contre 45% à John McCain. Ce qui ramenait l’écart entre les deux candidats à 4 points alors qu’il dépassait 10 points quelques jours plus tôt. Cette situation laisse présager d’une surprise.

Certains analystes disent que le candidat démocrate pourrait perdre en raison d’un « effet Bradley ». En 1982, Tom Bradley, Africain-Américain, a perdu l’élection au poste de gouverneur de Californie à la surprise générale alors que les sondages le donnait favori. Selon les partisans de cette thèse, une partie des sondés blancs, n’osent pas avouer qu’ils ne voteraient en aucun pour un Noir.

Barack Obama : « se battre jusqu’au bout »

D’autres encore doutent de la fiabilité des méthodes des sondeurs. Bill McInturff, le statisticien de l’équipe du candidat John McCain, indique que les pronostics électoraux sont « faussés», écrit Le Monde. Selon lui, les échantillons sélectionnés ne sont pas représentatifs des tendances réelles de l’électorat. Pour McInturff les sondeurs allouent un taux de « pondération » de leurs résultats en s’appuyant sur une participation plus importante des Noirs et des jeunes que lors des précédents scrutins. Il estime que l’augmentation du nombre des votants touchera toutes les catégories d’électeurs, c’est-à-dire les Blancs et les plus âgés dans les mêmes proportions.
Les détracteurs des sondages citent également en exemple le New Hampshire. En janvier, Hillary Clinton a remporté les primaires dans cet Etat devant Barack Obama alors donné vainqueur par 6 à 8 points d’avance.

Dans le camp démocrate, la prudence est de mise. Vendredi dernier, Joe Biden, a mis en garde contre un excès de confiance et Barack Obama dans son dernier discours a lancé à ses partisans qu’il fallait se battre « jusqu’au bout ».

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