Les Arabes-Américains votent Barack Obama

Les Arabes-Américains, qui sont près de 3,5 millions de personnes aux Etats- Unis, voteraient à 46% pour Barack Obama. Il représente pour eux le meilleur gage de paix dans le monde et pour la relance de l’économie américaine. A huit jours des élections présidentielles américaines, cet appui ne fait que renforcer les chances du candidat démocrate d’accéder à la Maison Blanche.

C’est un renversement de tendance : les Arabes-Américains votent traditionnellement républicain. Mais le 4 novembre prochain, comme en 2004, ils pourraient majoritairement choisir le candidat démocrate Barack Obama. C’est en tout cas ce que laisse croire une enquête d’opinion récente, réalisée par l’Institut américain de sondage Zogby international.

Selon ce sondage effectué les 8 et 13 septembre derniers, 46% des électeurs de cette communauté pencheraient pour le sénateur de l’Illinois, contre 32% pour John McCain. Et si le candidat indépendant Ralph Nader, dont les parents sont d’origine libanaise et qui représente 6% des intentions de vote des Arabes-Américains retirait sa candidature, Barack Obama pourrait voir sa cote atteindre les 54%. Dans une élection où chaque voix comptera, le vote des Arabes-Américains n’est pas négligeable. Ils sont en effet près de 3,5 millions de personnes, concentrées pour moitié dans le Michigan, un État du Middle West des États-Unis.

Barack Obama séduit par sa volonté de dialoguer avec le monde arabe

Le nouveau penchant des Arabes-Américains s’inscrit dans une logique de rupture avec le parti républicain, entamée après le 11 septembre 2001. En 2000, ils avaient accordé 44% de leurs voix à Georges Bush, contre 38% au démocrate Al Gore. En 2004, renversement de situation : les Arabes- Américains ont voté John Kerry à 63% contre seulement 28% pour George Bush. C’est qu’entre temps, il y a eu les attentats du 11 septembre 2001, à la suite desquels George Bush a décidé d’envahir l’Afghanistan, puis l’Irak, au nom de la guerre contre le terrorisme.

Le souhait de Barack Obama de dialoguer avec les pays du Moyen-Orient, à l’instar de l’Iran, sa suggestion de retirer les troupes américaines de l’Irak ne laissent pas indifférents les Américains d’origine arabe. « Je ne connais pas très bien Obama, mais quand je l’entends dire à la télévision qu’il veut parler à l’Iran, à la Syrie et à tout le monde, je le crois. S’il veut d’abord discuter il ne va peut-être pas partir en guerre. Vous savez, on a vu ce qui est arrivé à toutes ces familles en Irak. Et en tant qu’Arabe, ça me fait mal », déclare un habitant de Dearborn (comté de Wayne dans le Michigan) une ville où vivent quelque 30 000 Arabes américains, interrogé par RFI. Mais mieux que la politique internationale des Etats-Unis et comme tous les Américains, c’est la situation économique, qui préoccupe la grande majorité des Arabes-Américains. Ces derniers voient en Barack Obama l’homme de la situation.

Défections en masse dans le camp républicain

A huit jours de la présidentielle américaine, Barack Obama qui doit s’exprimer aujourd’hui dans l’Ohio, un Etat décisif pour la course à la Maison Blanche, conserve toujours cinq points d’avance dans les sondages face à son adversaire John McCain. Ce dernier doit, par ailleurs, affronter des défections toujours plus nombreuses dans son propre camp, en faveur du candidat démocrate. Il y a quelques jours, le général Colin Powell l’ancien Secrétaire d’Etat de George Bush défrayait la chronique, en annonçant qu’il voterait pour Barack Obama. Colin Powel n’est désormais plus seul. A sa suite, William Weld, l’ancien gouverneur républicain du Massachussetts s’est déclaré en faveur du sénateur de l’Illinois. Idem pour Arne Carlson l’ancien gouverneur du Minnesota.

Côté média, le Financial Times, quotidien très respecté qui revendique 1,3 millions de lecteurs dans le monde et le New York Times
soutiennent désormais le candidat démocrate. A moins d’un retournement de situation, Barack Obama semble bel et bien destiné à la fonction de président des Etats-Unis.