
Au Nigeria, neuf personnes ont été inculpées pour leur rôle présumé dans le massacre de Yelewata, dans l’État de Benue. L’attaque, survenue en juin 2025, avait fait environ 150 morts selon les autorités. Les accusés ont comparu devant un tribunal fédéral et font face à de lourdes charges liées au terrorisme.
Ce procès relance les inquiétudes sur l’insécurité persistante dans le centre-nord du pays.
Des inculpations pour terrorisme
Les neuf suspects ont été présentés lundi devant un tribunal fédéral du Nigeria. Ils sont poursuivis pour leur implication présumée dans le massacre de Yelewata, un village situé dans l’Benue. Le parquet a retenu contre eux 57 chefs d’accusation liés au terrorisme, des charges passibles de la peine de mort ou de la réclusion criminelle à perpétuité.
À l’ouverture de l’audience, l’ensemble des accusés a plaidé non coupable. Les autorités affirment que ces inculpations font suite à une enquête approfondie menée en coordination avec plusieurs agences gouvernementales.
Une attaque d’une extrême violence
Les faits remontent à la nuit du 13 au 14 juin 2025. Des hommes armés avaient attaqué la communauté de Yelewata. Ils ont ouvert le feu sur des habitants endormis avant d’incendier des habitations. Selon des survivants et des secouristes, de nombreux corps avaient été retrouvés calcinés, ce qui a rendu l’identification difficile. Le bilan exact reste débattu. Les autorités nigérianes ont fait état d’environ 150 morts, tandis que des témoignages évoquaient un nombre encore plus élevé de victimes. La plupart des personnes tuées appartenaient à des populations déplacées internes, hébergées notamment dans une paroisse locale.
Une région minée par des violences récurrentes
Le massacre de Yelewata s’inscrit dans un contexte de violences chroniques dans le centre-nord du Nigeria. Depuis plus d’une décennie, des conflits opposent agriculteurs et éleveurs autour de l’accès aux terres. Des groupes armés instrumentalisent parfois ces affrontements. Ceux-ci provoquent des milliers de morts et des déplacements massifs de populations. Selon des organisations de défense des droits humains, près de 10 000 personnes ont été tuées au cours des deux dernières années dans les États de Benue et du Plateau, tandis que des centaines de milliers d’habitants ont fui leurs villages.
Une réaction attendue de l’État nigérian
Après l’attaque, le président nigérian Bola Tinubu avait dénoncé des « effusions de sang insensées » et promis que les responsables seraient traduits en justice. L’ouverture de ce procès est présentée par les autorités comme une étape majeure dans la lutte contre l’impunité. Pour les familles des victimes et les communautés touchées, ces poursuites judiciaires représentent un premier pas vers la reconnaissance des crimes commis. Elles attendent désormais que le procès permette d’établir les responsabilités et de répondre à une insécurité qui continue de frapper durement cette région du Nigeria.




