
Sept ressortissants tchadiens ont été enlevés dans la zone du lac Tchad par des combattants de Boko Haram. Les ravisseurs réclament une rançon particulièrement élevée pour leur libération. L’un des otages a déjà été exécuté, ce qui accentue l’inquiétude des familles.
Le groupe jihadiste Boko Haram a capturé sept ressortissants tchadiens le 31 mars 2026 sur l’axe N’Guigmi-Daboua, à la frontière entre le Niger, le Tchad et le Nigeria. Cette zone reste fortement exposée aux attaques armées malgré la présence de forces régionales. Les ravisseurs ont déjà exécuté l’un des captifs et exigent désormais des montants inédits pour la libération des six autres otages.
Un médecin au cœur d’un chantage financier exorbitant
Parmi les otages dont le sort émeut particulièrement l’opinion figure Tisembé Lamsikréo. Ce jeune médecin tchadien achevait une formation en chirurgie pédiatrique à Niamey. Il rentrait au pays pour assister aux obsèques de son père lorsque son véhicule a été intercepté. Pour sa seule libération, les ravisseurs exigent la somme astronomique de 500 millions de francs CFA, soit environ 760 000 euros. Pour les cinq autres compagnons d’infortune, le groupe réclame 50 millions de francs CFA (environ 76 000 euros) par tête. Ces montants, totalement déconnectés du niveau de vie local, illustrent une volonté de frapper fort et de maximiser les profits de l’industrie du rapt.
Une mobilisation solidaire face au silence des autorités
L’angoisse est à son comble pour les proches des victimes qui, à ce stade, affirment ne pas avoir été contactés par les autorités officielles du Tchad ou du Niger. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le docteur Lamsikréo et ses codétenus implorant de l’aide. Ils y confirment l’exécution de l’un de leurs camarades. Face à l’urgence, une chaîne de solidarité s’est organisée spontanément. L’Ordre des médecins du Tchad ainsi que la famille du praticien ont lancé des collectes de fonds via des plateformes de messagerie instantanée. Ils espèrent réunir la somme nécessaire pour sauver ces vies avant qu’il ne soit trop tard.
Le bassin du lac Tchad, épicentre d’une insécurité chronique
Ce nouvel épisode tragique rappelle que le Sahel et le bassin du lac Tchad demeurent les points névralgiques de la violence jihadiste mondiale. En 2025, la région a concentré près de la moitié des décès liés au terrorisme sur la planète. Les enlèvements contre rançon sont devenus le moteur économique de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Ces pratiques leur permettent de financer leurs opérations et de maintenir une pression constante sur les populations civiles. Malgré la présence de forces multinationales, la porosité des frontières et la nature du terrain continuent de favoriser ces actions de guérilla mobile et de banditisme de grand chemin.




