
La menace de Boko Haram continue de peser lourdement sur la sécurité du Tchad et de la région du Lac Tchad. Dans la nuit du 2 au 3 mars, une position avancée de l’armée tchadienne a été ciblée par une attaque attribuée au groupe djihadiste. Le bilan fait état d’un soldat tué et de deux blessés parmi les Forces de défense et de sécurité (FDS).
Boko Haram a encore frappé au Tchad où un soldat a été tué et deux autres blessés au cours d’une attaque. Selon les autorités tchadiennes, les militaires ont rapidement riposté à l’assaut. Huit assaillants auraient été neutralisés et du matériel de guerre récupéré. Le président Mahamat Déby Itno a salué le courage des soldats tombés « au champ d’honneur » et réaffirmé la détermination de l’État à lutter contre le terrorisme. Malgré les pertes infligées aux combattants présumés de Boko Haram, cette attaque fait ressortir la capacité du groupe à frapper des positions militaires, même fortement sécurisées.
Lac Tchad : une zone sous pression permanente des groupes jihadistes
La région du Lac Tchad constitue, depuis plus de quinze ans, un épicentre des violences liées à Boko Haram. Né dans le nord-est du Nigeria au début des années 2000, le mouvement s’est progressivement étendu aux pays voisins, profitant de frontières poreuses et de vastes zones marécageuses difficiles à contrôler. Les îlots et bras d’eau du lac offrent des refuges stratégiques aux combattants, ce qui complique les opérations militaires classiques.
Le Tchad, tout comme le Nigeria, le Niger et le Cameroun, participe à des opérations conjointes pour contenir la menace. Malgré des offensives répétées, Boko Haram et ses factions dissidentes, dont l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), continuent de mener des incursions meurtrières. Les civils, pêcheurs et éleveurs de la région paient également un lourd tribut, pris en étau entre exactions terroristes et opérations de sécurité.
Une longue série d’attaques au Tchad et en Afrique de l’Ouest
Cette attaque s’inscrit dans une série d’agressions visant l’armée tchadienne. En octobre 2024, une offensive d’envergure contre une base militaire dans la même zone avait coûté la vie à une quarantaine de soldats tchadiens, faisant également des dizaines de blessés. Ce drame avait profondément marqué l’opinion publique et entraîné une riposte d’ampleur des autorités.
Au-delà du Tchad, Boko Haram a multiplié les attentats-suicides, enlèvements et massacres au Nigeria, notamment dans l’État de Borno. Le groupe s’est tristement illustré par l’enlèvement massif de lycéennes à Chibok en 2014. Un événement qui avait suscité une mobilisation internationale. Au fil des années, l’organisation a fragmenté ses structures, mais conserve une capacité de nuisance importante. Boko Haram a, en effet, adapté ses tactiques aux pressions militaires.
L’opération Haskanite et la stratégie de riposte tchadienne
À la suite de l’attaque d’octobre 2024, le Président Mahamat Déby Itno avait lancé l’opération « Haskanite ». Une campagne militaire destinée à traquer les combattants dans leurs retranchements. Il s’agissait d’une opération menée avec l’appui de forces spéciales et de moyens aériens. Elle visait à démanteler les bases logistiques et les réseaux d’approvisionnement du groupe terroriste autour du Lac Tchad.
Le Tchad est souvent considéré comme l’une des armées les plus aguerries de la région sahélienne. Ses troupes ont été engagées dans plusieurs missions régionales et internationales. Notamment dans le cadre de la Force multinationale mixte (FMM) contre Boko Haram. Toutefois, la configuration géographique du Lac Tchad et la mobilité des groupes armés rendent toute victoire définitive difficile à consolider sur le long terme.




