RDC : nouvel effondrement dans une mine de coltan à Rubaya, crainte d’un drame dans le Nord-Kivu


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Mine de coltan de Rubaya
Mine de coltan de Rubaya en RDC

Un nouveau drame frappe le secteur minier en République Démocratique du Congo. Ce 3 mars 2026, un glissement de terrain a enseveli une partie du site artisanal de Gasasa, situé près de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu. Le bilan humain reste incertain, mais les premières informations font état de nombreux creuseurs portés disparus. Cet énième effondrement relance le débat sur la sécurité des mines artisanales de coltan en RDC, alors que la région avait déjà été endeuillée par une catastrophe similaire il y a quelques semaines.

Les organisations de la société civile locale redoutent un lourd tribut humain. Fin janvier, dans cette même zone minière, un éboulement d’ampleur avait causé la mort de plus de 400 personnes, selon des sources locales et administratives. La répétition des accidents sur ce carré minier est la preuve de la vulnérabilité extrême des travailleurs artisanaux, souvent livrés à eux-mêmes. À Gasasa comme dans d’autres sites du Nord-Kivu, l’exploitation du coltan se déroule dans des conditions précaires, sans équipements adaptés ni encadrement technique suffisant.

Nord-Kivu : le site de Gasasa à nouveau frappé

Le site de Gasasa se trouve à proximité de Rubaya, localité stratégique du territoire de Masisi, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Cette zone montagneuse, riche en minerais, est connue pour ses gisements de coltan. Minerai indispensable à la fabrication des composants électroniques, notamment les smartphones et ordinateurs portables. L’intensité de l’exploitation artisanale y a profondément transformé le paysage. Ce qui a fragilisé les collines et augmentant les risques d’éboulement, particulièrement en saison des pluies.

Selon des témoins, la pluie aurait détrempé les sols ces derniers jours, provoquant l’instabilité des galeries creusées à la main. Des centaines de creuseurs artisanaux travaillaient sur le site au moment du glissement de terrain. Les opérations de secours restent difficiles, faute de moyens mécaniques lourds et d’un dispositif d’urgence structuré. Dans ces mines informelles, les travailleurs utilisent principalement des pioches et des pelles, ce qui complique les recherches lorsque la terre s’effondre brutalement.

Mines artisanales en RDC : un secteur vital mais à haut risque

Le coltan, contraction de colombite-tantalite, est stratégique pour l’économie mondiale. La République Démocratique du Congo détient une part significative des réserves mondiales de ce minerai. Pourtant, une large portion de l’extraction est réalisée dans le cadre de l’exploitation artisanale, en dehors de standards stricts de sécurité. Des milliers de familles dépendent directement ou indirectement de cette activité pour survivre, dans une région marquée par la pauvreté et l’instabilité sécuritaire.

Dans le Nord-Kivu, les mines artisanales fonctionnent souvent sans études géotechniques ni plans d’aménagement. Les galeries sont creusées au fil des besoins, parfois sur plusieurs niveaux, sans structures de soutènement solides. Cette absence de régulation efficace accroît considérablement le risque d’effondrement.

Après plus de 400 morts en janvier, l’inquiétude grandit à Rubaya

Le précédent drame survenu fin janvier 2026 dans la zone de Rubaya reste dans toutes les mémoires. L’éboulement massif avait provoqué la mort de centaines de creuseurs, suscitant une vive émotion à travers le pays. Malgré les promesses d’enquête et de renforcement des contrôles, peu de changements concrets semblent avoir été observés sur le terrain. Le nouvel accident de ce 3 mars ravive les critiques contre les autorités locales et nationales. Elles sont accusées de ne pas avoir tiré les leçons de la tragédie précédente.

Les acteurs de la société civile réclament désormais un audit complet des sites miniers artisanaux du Nord-Kivu. Ils demandent également la mise en place de zones d’exploitation sécurisées. En plus d’un encadrement technique et des formations obligatoires pour les creuseurs. Pour eux, la répétition des catastrophes est la conséquence directe d’un manque de régulation, de moyens et de volonté politique.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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