RDC : nouvelle attaque de drones kamikazes contre l’aéroport de Kisangani


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Un drone en vol stationnaire
Un drone en vol stationnaire

L’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, a été visé dimanche par une nouvelle attaque de drones kamikazes. Quatre engins explosifs ont été interceptés par la défense congolaise alors qu’un avion civil amorçait son atterrissage. Aucune victime n’est à déplorer, mais l’incident ravive les inquiétudes sur la sécurité aérienne dans l’est de la RDC. Les autorités pointent du doigt l’AFC/M23 et leurs soutiens présumés.

Le ciel de la province de la Tshopo a de nouveau été le théâtre d’une confrontation technologique inquiétante. Ce dimanche 1er mars 2026, l’aéroport international de Bangboka, porte d’entrée stratégique de la ville de Kisangani, a subi une attaque coordonnée de drones explosifs. Si le bilan matériel reste limité, l’audace de l’opération et le moment choisi par les assaillants soulèvent de graves questions sur la sécurité aérienne dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

Une interception en plein vol durant l’atterrissage

L’attaque s’est intensifiée aux heures de pointe des activités aéroportuaires, créant un climat de panique parmi le personnel et les voyageurs. Selon le gouvernement provincial, quatre drones kamikazes chargés de sous-munitions ont été interceptés et abattus par le système de défense sol-air de l’armée congolaise. Le moment le plus critique est survenu aux environs de 19h30, heure locale, alors qu’un avion civil de la Compagnie Africaine d’Aviation (CAA) amorçait sa phase d’atterrissage.

L’intervention des forces de défense a permis d’éviter une catastrophe majeure, bien que le souffle des déflagrations en plein ciel ait brisé les vitres de certaines infrastructures au sol. Cette intrusion dans l’espace aérien est la deuxième du genre en seulement un mois, après une précédente tentative déjouée le 31 janvier dernier. À l’époque, les Forces armées de la RDC (FARDC) avaient déjà neutralisé plusieurs engins à une dizaine de kilomètres de la piste.

Des accusations portées vers l’AFC/M23 et le Rwanda

Les autorités de la Tshopo n’ont pas tardé à désigner les responsables de cette agression. Dans un communiqué officiel, elles attribuent l’attaque à l’armée rwandaise (RDF) agissant aux côtés des rebelles de l’AFC/M23. Bien que cette opération n’ait pas fait l’objet d’une revendication formelle, le contexte sécuritaire régional apporte des indices sérieux aux services de renseignement de Kinshasa.

Cette offensive intervient en effet une semaine seulement après la mort de Willy Ngoma, porte-parole de l’AFC/M23, tué lors d’une frappe de drone attribuée au gouvernement congolais. Deux jours avant les événements de Bangboka, le groupe rebelle avait publiquement promis que cette disparition ne resterait pas impunie. Pour de nombreux observateurs, l’utilisation de drones kamikazes contre Kisangani pourrait constituer une réponse directe et une démonstration de force technologique de la part de la rébellion.

Déplacement de populations et appel au calme

Malgré l’absence de victimes humaines, les conséquences sociales se font déjà sentir. Aux alentours de l’aéroport, la peur s’est installée durablement. Des familles entières ont préféré quitter leurs habitations proches des zones de survol pour se réfugier plus loin dans la ville, craignant que de nouveaux engins n’atteignent des zones résidentielles.

Face à cette psychose naissante, le gouverneur de la province a lancé un appel pressant au calme, assurant que les dispositifs de sécurité restaient en état d’alerte maximale pour protéger les installations aéroportuaires. La répétition de ces attaques par drones marque cependant un tournant dans le conflit, déplaçant désormais la menace loin des lignes de front traditionnelles du Nord-Kivu vers le cœur de la province de la Tshopo.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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