
Le lac Kivu vient une nouvelle fois de se transformer en piège. Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 septembre, une embarcation motorisée a sombré au large d’Idjwi, dans le Sud-Kivu. Au moins douze corps ont été repêchés et plusieurs passagers restent portés disparus. Les recherches se poursuivent ce dimanche pour retrouver d’éventuels survivants et établir le bilan définitif du drame.
Un nouveau naufrage a endeuillé les populations du Sud-Kivu en RDC. L’embarcation transportait notamment des commerçants de poissons, des marchandises et d’autres passagers. Les informations disponibles divergent encore sur son itinéraire et sur le nombre exact de personnes à bord. L’Associated Press rapporte que l’embarcation aurait transporté plus de 50 personnes et qu’une quinzaine de passagers auraient été secourus. Les autorités locales n’ont pas encore établi une liste complète des occupants.
Des familles suspendues aux recherches
Sur les rives du lac, l’attente s’est mêlée à l’angoisse. Des habitants et des proches ont participé aux opérations de recherche, alors que les corps étaient progressivement ramenés vers la terre ferme. Pour certaines familles, l’incertitude demeure entière : un proche est-il vivant, disparu ou parmi les victimes repêchées ?
Les causes du naufrage ne sont pas encore établies. Des sources locales évoquent l’état de l’embarcation et de fortes vagues après la pluie. Cela remet en lumière le sempiternel problème de sécurité dans la navigation fluviale et lacustre en RDC. En effet, les embarcations congolaises naviguent souvent surchargées avec beaucoup de passagers et de marchandises, tandis que le port du gilet de sauvetage reste loin d’être systématique. Il reste à déterminer dans ce cas précis les causes du drame d’Idjwi qui vient rallonger une liste désespérément longue.
Une série noire qui dépasse le lac Kivu
Le drame survient quelques jours seulement après un autre naufrage meurtrier sur le lac Tanganyika. Le 23 septembre, le bateau MV MJP a sombré au large de Kabimba, faisant 39 disparus et 36 rescapés, selon Radio Okapi. Depuis le début de l’année, les accidents se sont multipliés sur les cours d’eau congolais. En avril, un naufrage sur le lac Kivu avait fait au moins deux morts, une vingtaine de disparus et 23 rescapés. Quelques jours plus tard, un accident sur le lac Tanganyika avait causé 30 morts. En mai, une baleinière avait sombré dans le Kwilu, faisant au moins 11 morts et plusieurs disparus.
Les médias locaux comme internationaux, la société civile congolaise n’ont jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme, relevant plusieurs facteurs sources de naufrages : surcharge, absence de contrôles avant le départ, insuffisance des équipements de sécurité et conditions météorologiques difficiles. Or, les fleuves, les lacs et les rivières restent des axes de déplacement indispensables pour des milliers de Congolais. Commerçants, pêcheurs, étudiants, familles et transporteurs les empruntent chaque jour faute d’alternatives suffisantes. Mais, les choses se passent comme si ces milliers de Congolais doivent voyager sur l’eau au péril de leur vie.





