Mort du cyber dissident tunisien Zouhair Yahyaoui

Arrêté en 4 juin 2002 et aussitôt condamné en juillet à une peine de deux ans de prison, le journaliste tunisien Zouhair Yahyaoui était le symbole d’une liberté d’expression bâillonnée en Tunisie avec son journal TUNeZINE qu’il publie sur le Net. L’homme est décédé d’une crise cardiaque, dimanche dernier dans la matinée, à l’hôpital Habib Thameur de Tunis.

Par Badara Diouf

Zouhair Yahyaoui, alias Ettounsi, est décédé d’une crise cardiaque, dimanche dernier, à l’hôpital Habib Thameur de Tunis (Tunisie). Le premier lauréat du prix Cyberliberté de Reporters s@ns frontières – Globnet, connu pour ses écrits vitriolés publiés sur le web dénonçant la censure et le mépris des droits de l’Homme en Tunisie, n’est plus. Un décès qui survient environ deux ans après sa libération des geôles tunisiennes, où il avait subi torture, humiliations et entrepris des grèves de la faim pour protester contre sa détention illégale.

Symbole du Web tunisien

Zouhair Yahyaoui, fervent adepte de la liberté, nous fait ainsi ses adieux. Son entrée sur la Toile mondiale lui a accordé une notoriété au-delà des frontières de son pays natal. Ce sont ses écrits dérangeants, pamphlets à l’égard du régime, publiés dans son cyber-journal TUNeZINE, créé en juillet 2001, qui lui vaudront son incarcération, en juin 2003. Pour « propagation de fausses nouvelles » et « utilisation frauduleuse de moyen de communication ».

Car Zouhair est pour les autorités tunisiennes un journaliste subversif. Il dérange. Et est aussitôt considéré comme un opposant politique. Il fera un an et demi de prison dans des conditions inhumaines dans la prison de Borj el Amri (banlieue de Tunis), avant de bénéficier d’une libération conditionnelle, le 18 novembre 2003, grâce à des pressions internationales. Sa mort laisse la presse du web tunisien orphelin.

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