Mody Diawara, la lutte au coeur

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Champion de France de lutte gréco-romaine depuis janvier 2012, Mody Diawara est originaire de Kayes, au Mali. Né à Montreuil, près de Paris, il a suivi toute sa formation sportive au Club de Bagnolet, l’un des meilleurs clubs français, champion de France de lutte par équipe dans les trois divisions en 2012. Rencontre avec un sportif passionné.

Après des débuts en football, à Bagnolet déjà, Mody Diawara, né en 1988, se tourne en 2003 vers la lutte, et commence immédiatement un entraînement exigeant, porté par ce qu’il découvre comme sa vocation naturelle : « J’ai tout de suite aimé la lutte, la confrontation physique et technique, l’engagement complet dans le combat. »

Une passion pour la lutte

Premier championnat de France en 76 kg, en 2004, premières émotions, « je fais cinquième, mais j’ai pris goût au combat, je me suis tout de suite senti à mon aise dans ce sport ! En 2007 je suis rentré au Pôle France espoir de Besançon, je m’entraîne intensivement en lutte gréco-romaine, et c’est là que je progresse vraiment. Cette même année, j’obtiens mon premier titre de Champion de France Junior à 84 kg, en lutte gréco-romaine. »

Pour Mody Diawara, la lutte n’est pas seulement une discipline, c’est un accomplissement naturel, un épanouissement physique et mental : « A chaque combat, je ressens d’abord un grand stress, mais dès que l’arbitre siffle le début du combat, je suis une autre personne, à 100% dans le combat, possédé par la volonté de vaincre. »

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« En 2008, je suis champion de France junior en 96kg… Et me voici en 2012 champion de France senior en 96kg. Cette victoire correspond au but que je m’étais assigné : j’ai l’impression de m’être parfaitement réalisé dans ce sport avec un titre pour lequel je me suis longuement préparé, sans jamais cesser de m’entraîner, sans me décourager quand les résultats n’étaient pas au rendez-vous. »

« La lutte est un sport qui réclame énormément d’entraînement, une grande régularité, le fait d’être doué ne suffit pas, il faut sacrifier beaucoup pour s’imposer. J’ai la chance de pouvoir travailler au sein d’un club dans lequel se retrouvent certains des meilleurs lutteurs français. Aux derniers championnats de France, nous étions huit du club de Bagnolet, cinq ont été champions de France… Cela illustre notre surnom des « diables rouges » de Bagnolet… »

« Jusqu’à la dernière seconde… »

« L’efficacité des lutteurs passe par l’efficacité des coachs qui nous accompagnent en permanence, notamment au combat : les choix stratégiques, la tactique adoptée, la recherche systématique des points faibles de l’adversaire, la rapidité dans la réplique et l’opiniâtreté dans le combat. On lutte pour gagner. »

« La lutte exige une concentration intense jusqu’à la dernière seconde, parce qu’on peut perdre à la dernière seconde, même quand on a dominé tout le combat. C’est aussi cela que j’aime dans ce sport, il ne pardonne pas la moindre faiblesse. Le plus petit relâchement peut être fatal. »

Maîtrise de soi et liberté

Les bons effets de la lutte ne se mesurent pas seulement au combat : Mody Diawara est un modèle d’équilibre, l’assurance gagnée dans le sport lui donne un calme et une décontraction tranquille dans la vie : générosité, joie de vivre, facilité de contact et modestie libérée. Il a pris sur lui-même l’ascendant qu’il peut imposer aux autres, il sait écouter, observer, partager, séduire. (sourire) « ça c’est personnel… »

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