RDC : des officiers français forment un bataillon jungle à Kisangani


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Les Forces armées de la RDC
Les Forces armées de la RDC

La présence d’officiers français à Kisangani a suscité une vive réaction en RDC après la diffusion d’une photo sur les réseaux sociaux. L’ambassade de France a précisé qu’il s’agit d’une mission de formation, menée à la demande de Kinshasa. Les instructeurs encadrent un bataillon spécialisé dans le combat en jungle. Cette coopération s’inscrit dans un partenariat militaire bilatéral engagé depuis 2021.

La circulation d’une simple photographie sur les réseaux sociaux a suffi à enflammer les débats en République Démocratique du Congo. L’image, capturée par un journaliste local, montrait un militaire arborant le drapeau tricolore dans la région de Kisangani. Face aux interrogations croissantes de l’opinion publique, l’ambassade de France en RDC a choisi la voie de la transparence en apportant des précisions majeures sur la nature de ce déploiement dans le nord-est du pays.

Cette présence militaire, loin d’être une opération de combat improvisée, s’inscrit dans un cadre institutionnel strict. Il s’agit d’une mission technique répondant à une sollicitation directe du gouvernement congolais. Elle s’intègre dans le programme de coopération militaire bilatérale établi entre Paris et Kinshasa depuis 2021, visant à renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Une mission de formation spécialisée au combat de jungle

L’ambassade de France a été on ne peut plus claire : les officiers français ne sont pas engagés sur la ligne de front. Leur rôle est exclusivement pédagogique et se cantonne à l’instruction d’un bataillon spécifique. Le choix de Kisangani n’est pas anodin, puisqu’il s’agit d’un centre névralgique pour l’entraînement des troupes destinées à opérer dans des environnements complexes. L’accent est mis sur le « combat jungle », une expertise recherchée compte tenu de la géographie de la région.

Depuis le lancement de ce partenariat, au moins quatre bataillons, représentant environ 3 200 hommes, ont bénéficié de ce transfert de compétences. Les instructeurs français forment les soldats congolais au combat défensif et offensif, mais aussi à des domaines plus techniques comme le secourisme de combat et la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED). Cette spécialisation en forêt équatoriale est devenue une priorité stratégique pour Kinshasa.

Un appui important pour des troupes congolaises éprouvées

Le timing de cette formation revêt une importance capitale pour l’état-major congolais. Les bataillons « jungle » des FARDC sortent de deux années particulièrement intenses, ayant été durement éprouvés par les affrontements dans l’est du pays au cours des années 2024 et 2025. Le besoin de régénérer les troupes et d’élever le niveau de qualification des nouvelles recrues est devenu une urgence sécuritaire pour stabiliser les zones de conflit. Si la mission actuelle doit s’achever à la fin du mois de mars, elle ne constitue qu’un volet de l’engagement français, qui intervient également au sein de l’École de guerre de Kinshasa.

En revanche, Paris se distingue d’autres partenaires européens comme la Belgique. Alors que Bruxelles déploie des formateurs à Kindu via la Facilité européenne pour la paix, la France préfère maintenir son action dans un cadre purement bilatéral, répondant ainsi point par point aux besoins exprimés par son partenaire congolais.

Sidoine
Sidoine observe, écoute et raconte l’Afrique telle qu’elle se vit au quotidien. Sur Afrik.com, il mêle récits, portraits et analyses pour donner chair aux événements et aux débats qui animent le continent
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