Maroc : « J’en ai décapité une, je regrette » déclare un assassin des touristes scandinaves

Les deux touristes scandinaves tuées au Maroc

Le procès des vingt-quatre personnes soupçonnées d’être liées au meurtre des deux jeunes touristes scandinaves en décembre 2018 s’est ouvert jeudi 30 mai à Salé, près de Rabat au Maroc.

Hier, jeudi, les accusés ont comparu de nouveau devant le tribunal de Salé, dans le nord-ouest du Maroc, quelques semaines après l’ouverture du procès qui avait été ajourné après deux journées début mai. Abdessamad Ejjoud, le meneur de la cellule djihadiste, a reconnu jeudi son rôle dans l’assassinat de deux jeunes touristes scandinaves mi-décembre au Maroc au nom du groupe Etat islamique (EI) et a confirmé avoir procédé à une décapitation : «J’en ai décapité une (…), je regrette», a-t-il déclaré. Abdessamad Ejjoud est jugé avec 23 autres suspects. AbdessamadEjjoud, surnommé « Abou Moussab » est un marchand ambulant qui a déjà fait plusieurs séjours en prison et en était sorti pour la dernière fois en 2015.

Les victimes, Louisa Vesterager Jespersen, 24 ans, originaire du Danemark, et Maren Ueland, 28 ans, venant de Norvège, avaient été retrouvés décapités dans le Haut Atlas, à Chamharouch, à une dizaine de kilomètres du village d’Imlil, région du Maroc très fréquentée par les touristes. Les premiers suspects avaient été arrêtés très rapidement alors qu’ils tentaient de fuir Marrakech, puis d’autres interpellations avaient suivies dans les semaines suivantes.

Abdessamad Ejjoud 24 ans, Younes Ouaziyad, 27 ans, et Rachid Afatti, 33 ans, sont considérés comme les trois principaux responsables et seraient à l’origine de la vidéo de la décapitation qui avait été postée sur les réseaux sociaux. Ils risquent la peine capitale car des peines de mort sont toujours prononcées au Maroc, même si un moratoire est appliqué depuis 1993.

Les autres personnes sont suspectées de les avoir soutenu dans la création du réseau. La plupart des suspects sont issus de milieux modestes de Marrakech et ont un faible niveau d’instruction. Même s’ils avaient prêté allégeance à l’Etat Islamique les suspects n’avaient pas de contact avec des cadres opérationnels de l’EI qui n’ont jamais revendiqué leurs actes. Un Hispano-Suisse de 25 ans installé au Maroc après sa conversion à l’islam est le seul étranger du groupe.

Le tribunal de Salé a par ailleurs accepté la demande de la partie civile d’engager la «responsabilité morale» de l’Etat en vue de dédommagements.