Marlon, entre deux rives : « Brouillard » ou l’art de ne rien forcer


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Marlon
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Avec « Brouillard », le chanteur congolais-belge Marlon signe un single où la rumba congolaise épouse le RnB avec une évidence désarmante. Héritier d’une lignée de musiciens – son oncle Maurice Poto a accompagné Papa Wemba et Zaiko Langa Langa – l’artiste assume un son qui lui ressemble : métissé, instinctif, ancré des deux côtés du monde. Rencontre avec un artiste qui refuse de choisir entre ses racines.

« Je te veux, mais je ne te veux pas. » En une phrase, Marlon condense ce que beaucoup mettent des années à formuler : cette tension entre l’attirance et la lucidité, entre ce que l’on désire et ce que l’on sait devoir refuser. C’est tout le propos de « Brouillard », son nouveau single, porté par une production qui marie les guitares de la rumba congolaise aux textures du RnB contemporain. Un mélange qui, chez lui, n’a rien de calculé. Né au Congo, grandi en Belgique dans une famille de musiciens, passé par les scènes du Fespam à Brazzaville et du Couleur Café à Bruxelles, Marlon construit une musique à son image : sans frontières et sans concessions. Il nous en parle.

Dans « Brouillard », tu poses cette phrase « je te veux, mais je ne te veux pas ». Est-ce que tu l’as écrite d’un trait ou elle est venue après avoir tourné longtemps autour de ce sentiment ?

Marlon : Cette phrase est avec moi depuis longtemps. Elle est une réflexion que l’on se pose souvent après certaines expériences passées vécues ou alors quand on vit les erreurs d’un proche. Le détail le plus petit peu changer énormément sur la relation. Et avec cette phrase, je montre que parfois on peut être attiré par ce que l’on voit mais on ne veut pas être inséré dans une spirale toxic.

La production mêle RnB et rumba congolaise. Comment s’est fait ce choix ?

Marlon : Ce choix s’est fait naturellement, la mélodie s’est joué dans ma tête, l’atmosphère battait de son aile à Abidjan. Je suis congolais et écoute beaucoup de Rnb aussi donc le mélange des deux sur la prod me convenait parfaitement.

Tu as grandi dans une famille de musiciens, avec ton oncle Maurice Poto qui a produit pour les plus grands noms de la musique congolaise. Est-ce que « Brouillard » est le morceau où tu assumes le plus clairement cet héritage africain dans ta musique ?

⁠Marlon : Mon oncle a beaucoup joué avec Papa Wemba et Zaiko et joue de beaucoup d’instruments. Aussi, ayant grandi dans une famille mélomane, la musique a toujours été présente dans ma vie. Brouillard est un des morceaux mais il y en a beaucoup qui vont arriver encore.

Le titre parle de cette zone grise entre le désir et la raison. En tant qu’artiste, est-ce que tu te sens plus à l’aise dans le doute que dans les certitudes ?

Marlon : En tant qu artiste si je fais quelque chose c’est pas dans le doute mais avec certitude. Par contre, certains de mes morceaux peuvent parler des moments où j’étais dans mon introspection, aussi beaucoup sur l’observation du monde des gens ce qui pousse à beaucoup de réflexion sur certains sujets

Après le Fespam à Brazzaville, le Couleur Café à Bruxelles, et maintenant ce nouveau single, tu sembles construire un pont entre l’Afrique et l’Europe. C’est une démarche consciente ou c’est simplement qui tu es ?

⁠Marlon : c’est simplement qui je suis, et ce qui fait partie de l’histoire, de la culture: Un congolais, un Belge, un Africain, un Européen en bref , je suis Moi. C’est naturel

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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