
Dans un Mali fragilisé par une crise énergétique sans précédent, les autorités de transition auraient discrètement libéré une centaine de présumés jihadistes afin d’obtenir la levée partielle du blocus sur les convois de carburant. Une décision aussi controversée que révélatrice de l’impasse dans laquelle se trouve l’État face à la pression des groupes armés.
Dans un contexte de tensions énergétiques extrêmes, le Mali semble avoir choisi une voie singulière pour desserrer l’étau qui étrangle son économie. Selon plusieurs sources concordantes, les autorités de Bamako auraient procédé, en milieu de semaine, à la libération d’une centaine de présumés jihadistes. Ce geste d’apaisement interviendrait en échange d’une levée partielle du blocus imposé sur les convois de carburant, une ressource vitale devenue le nerf d’une guerre d’usure menée par les groupes armés.
Un corridor vital pour l’économie nationale
Depuis l’automne 2025, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) mène une stratégie de harcèlement systématique contre les transporteurs routiers. En brûlant les camions-citernes en provenance du Sénégal, de la Côte d’Ivoire ou de la Mauritanie, les insurgés ont réussi à provoquer des pénuries chroniques, menaçant directement l’alimentation des centrales thermiques et la stabilité de la capitale.
Pour rompre cette asphyxie, un accord discret aurait été scellé afin de permettre aux hydrocarbures de rallier à nouveau les principales localités du pays sans crainte d’embuscades.
Des libérations confirmées sur le terrain
Sur le plan opérationnel, ce compromis s’est traduit par l’élargissement de nombreux détenus, dont certains étaient sous les verrous depuis plusieurs mois. Des élus locaux et des responsables de la sécurité d’État rapportent que ces anciens prisonniers ont déjà commencé à regagner leurs bastions dans le centre et le nord du Mali.
Si les autorités parlent officiellement de mesures prises au nom de la paix et de l’unité nationale, les observateurs y voient surtout un pragmatisme de survie face à une crise énergétique qui risquait de provoquer un embrasement social à Bamako.
Une trêve suspendue aux fêtes religieuses
Cet équilibre précaire entre le pouvoir militaire et les groupes armés s’inscrit dans un calendrier précis. La trêve actuelle, qui a déjà permis une amélioration notable de l’approvisionnement après la fin du ramadan, devrait rester en vigueur jusqu’à la Tabaski, prévue pour la fin du mois de mai 2024.
Malgré l’évidence des faits sur le terrain, le discours officiel reste immuable. Interrogée sur la nature de ces échanges, une source gouvernementale a tenu à rappeler la ligne de conduite habituelle de la transition, affirmant que le Mali ne négocie pas avec les terroristes.




