Cotonou accueille une rencontre trilatérale entre les chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France


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coopération militaire France Bénin Cote d'Ivoire
coopération militaire France Bénin Cote d'Ivoire

Le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi reçoit ce jeudi 19 mars à Cotonou ses homologues français et ivoirien, le général d’armée aérienne Fabien Mandon et le général d’armée Lassina Doumbia. Cette rencontre trilatérale au sommet, organisée dans un contexte sécuritaire tendu en Afrique de l’Ouest, vise à consolider la coopération militaire entre les trois pays et à coordonner la réponse face aux menaces terroristes qui pèsent sur la sous-région.

Une rencontre stratégique Bénin, Côte d’Ivoire et France, dans un contexte sécuritaire sous haute tension

Le chef d’état-major général des Forces armées béninoises (FAB), le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, accueille à Cotonou le général d’armée aérienne Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, et le général d’armée Lassina Doumbia, chef d’état-major général des armées de Côte d’Ivoire. Cette visite, présentée comme protocolaire, intervient dans un contexte régional marqué par la recrudescence des attaques terroristes et par des tensions géopolitiques croissantes au Sahel. Elle fait suite aux échanges engagés en juillet 2025 à Abidjan entre les trois états-majors.

Le Bénin et la Côte d’Ivoire, tous deux frontaliers d’États en proie au terrorisme, font face à des menaces d’infiltration de groupes armés et à une criminalité transfrontalière accrue. Au Bénin, les Forces armées ont enregistré entre février et mars 2026 plusieurs attaques meurtrières, dont l’une a coûté la vie à quinze soldats. L’exercice militaire « Alligator », lancé la veille de cette rencontre dans plusieurs villes du sud du pays, témoigne de la montée en puissance opérationnelle de l’armée béninoise. La stabilité régionale et l’adaptation des dispositifs de sécurité face à une menace désormais multiforme figurent au cœur des discussions.

Coopération renforcée : formation, renseignement et interopérabilité

Au-delà du cadre protocolaire, les trois chefs d’état-major entendent évaluer les partenariats militaires existants et renforcer l’interopérabilité entre leurs armées. Le partage d’expériences opérationnelles et le développement de « bons procédés » entre forces partenaires sont au programme, de même que le renforcement du soutien français dans des domaines critiques : forces spéciales, formation de pilotes et surveillance aérienne.

La France, qui a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, réorganise son dispositif militaire sur le continent. Elle passe d’une présence massive à un soutien ciblé, axé sur la formation et le renseignement. Le Bénin et la Côte d’Ivoire constituent aujourd’hui les deux principaux partenaires de Paris en matière de coopération militaire active en Afrique de l’Ouest. L’Élysée a d’ailleurs confirmé que des militaires français avaient apporté un appui de surveillance et de soutien logistique lors de la tentative de coup d’État déjouée au Bénin en décembre 2025.

La Côte d’Ivoire, un partenaire en pleine autonomisation

Pour la Côte d’Ivoire, cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la rétrocession, en février 2025, du camp militaire de Port-Bouët, rebaptisé Thomas d’Aquin Ouattara, par la France à l’armée ivoirienne. Cette restitution, effectuée dans un esprit de coopération, illustre une armée nationale qui prend davantage de responsabilités dans le commandement de son propre territoire. Un détachement d’environ 80 militaires français demeure néanmoins sur place pour assurer des missions de formation et d’accompagnement.

En réunissant ces trois chefs d’état-major à Cotonou, cette rencontre envoie un signal fort de solidarité face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur l’Afrique de l’Ouest, tout en actant une nouvelle forme de collaboration militaire plus souple, fondée sur la formation et le partage de compétences plutôt que sur le déploiement de troupes

Franck Biyidi
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Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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