Mali : Mohammed VI dédie une unité de production de phosphate à l’Afrique

Au terme de sa troisième journée de visite au Mali, dans le cadre d’une tournée ouest-africaine, le roi du Maroc, Mohammed VI, a annoncé la mise en place d’une unité de production de phosphate entièrement dédiée à l’Afrique.

La troisième journée de visite du souverain Mohammed VI au Mali, dans le cadre d’une tournée ouest-africaine, a été dominée par les affaires. Pas moins de 17 accords bilatéraux, dans plusieurs domaines, ont été signés. Une annonce a toutefois marqué le marché africain, celle de la construction d’une unité de phosphate au Maroc entièrement dédiée au continent.

Le royaume, premier exportateur au monde de phosphate, dispose de plus de 80% des réserves mondiales, une matière indispensable à la fabrication d’engrais. Toutefois, le PDG de l’Office chérifien des phosphates (OCP), Mostafa Terrab, a établi un constat flagrant : le manque d’exportation de cette matière en Afrique. L’OCP entend donc remédier à ce déficit en mettant un million de tonnes d’engrais à la disposition de l’agriculture africaine.

Renforcement des investissements

Par ailleurs, l’importante délégation marocaine de donneurs d’ordre qui entourent Mohammed VI s’est illustrée sur le terrain malien. Des accords relatifs à l’encouragement et à la protection réciproque des investissements, à l’élevage, l’eau potable, l’industrie, la santé, le transport aérien, les mines, la formation professionnelle ou encore le pétrole et le gaz ont été signés entre les deux pays.

Enfin, le conflit malien a inévitablement été au centre des discussions entre le souverain et le Président Ibrahim Boubacar Keïta. On se souvient de cette fameuse journée du 31 janvier lorsque le roi a reçu, en audience royale, le chef du MNLA, Bilal Ag Cherif. La rébellion touaregue souhaite que le Maroc intervienne en tant que nouveau médiateur dans la crise qui oppose le gouvernement malien au MNLA. Cette rencontre n’est pas passée inaperçue en Algérie qui, elle aussi, souhaite se positionner comme interlocuteur privilégié dans ce dossier.

La presse internationale évoquait alors, à l’aube de la visite du souverain alaouite à Bamako, la supplantation du dossier malien par le Maroc.