Macron s’attaque frontalement aux dirigeants algériens


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Le Président Emmanuel Macron à l'Elysée
Le Président Emmanuel Macron à l’Élysée

C’est à croire que le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a perdu son vocabulaire diplomatique. Après avoir vertement tancé les dirigeants maliens, le Président français charge les officiels algériens, qu’il compte « ennuyer ». En quoi faisant ?

Emmanuel Macron fait feu de tout bois à l’approche de la Présidentielle française, prévue dans cinq mois. Après avoir sonné la charge contre le gouvernement malien, au sujet d’une éventuelle coopération avec la Russie, le chef de l’Etat français, en recevant, jeudi dernier, des descendants d’acteurs de la guerre de libération d’Algérie, s’est attaqué aux dirigeants algériens qu’il compte bien ennuyer. Macron revenait sur le durcissement des conditions d’octroi de visas aux Algériens.

« Il n’y aura pas d’impact sur ce qu’on évoque. On va s’attacher à ce que les étudiants et le monde économique puissent le garder. On va plutôt ennuyer les gens qui sont dans le milieu dirigeant, qui avaient l’habitude de demander des visas facilement », a lancé Emmanuel Macron au sujet du durcissement des conditions d’allocation de visa français. Le dirigeant enfonce le clou, estimant que « l’histoire officielle totalement réécrite ne s’appuie pas sur des vérités, mais sur un discours qui, il faut bien le dire, repose sur une haine de la France ».

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Emmanuel Macron pousse le bouchon plus loin estimant que « la construction de l’Algérie comme nation est un phénomène à regarder. Est-ce qu’il y avait une nation algérienne avant la colonisation française? Ça, c’est la question. Il y avait de précédentes colonisations. Moi, je suis fasciné de voir la capacité qu’a la Turquie à faire totalement oublier le rôle qu’elle a joué en Algérie et la domination qu’elle a exercée. Et d’expliquer qu’on est les seuls colonisateurs, c’est génial. Les Algériens y croient ». Selon Macron, « la nation algérienne post-1962 s’est construite sur une rente mémorielle ».

Cette sortie de Macron intervient un peu plus de dix jours après une précédente, alors que le dirigeant revenait sur le dossier des Harkis. Emmanuel Macron avait en effet demandé pardon aux Harkis algériens qui ont combattu aux côtés de l’armée française, pendant la guerre de libération d’Algérie. Le Président français disait souhaiter « franchir un nouveau pas dans la reconnaissance de l’abandon des Harkis par la France », et a saisi cette occasion pour annoncer une loi en vue de les indemniser. Pardon qu’Alger a catégoriquement refusé d’accorder.

« L’hommage rendu par le Président français Emmanuel Macron aux Algériens qui ont combattu du côté du colonialisme pendant la guerre de libération est une affaire interne française… C’est leur affaire… Nous, en Algérie, pays du million et demi de martyrs, et nous Algériens, n’avons besoin de personne pour nous donner des leçons d’histoire. Notre révolution a tranché quant à savoir qui est un martyr et qui est un harki et un traître », a asséné le ministre algérien des anciens combattants, Laïd Rebigua. Les Harkis étant les Algériens qui ont combattu aux côtés de l’armée française pendant la guerre de libération (1954 – 1962).

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Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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