Mali, Macron charge la Transition

Le Président français, Emmanuel Macron
Le Président français, Emmanuel Macron

Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a saisi l’opportunité de la clôture de la saison Africa 2020 à l’Elysée, pour tenter de remonter les bretelles au Premier ministre malien de la Transition. Ce dernier, devant l’ONU, a évoqué un abandon du Mali par la France, avec notamment la décision de Paris de mettre fin à l’opération Barkhane.

« Je rappelle que le Premier ministre malien est l’enfant de deux coups d’Etat, si je puis dire. Puisqu’il y a eu un coup d’Etat en août 2020 et un coup d’Etat dans le coup d’Etat. Donc la légitimité du gouvernement actuel est démocratiquement nul », a, selon RFI, indiqué le Président français, Emmanuel Macron. Le dirigeant intervenait après les déclarations du Premier ministre malien, Choguel Maïga, à la tribune de l’ONU où il a évoqué « l’abandon » du Mali par la France.

« Alors qu’hier nous avons présidé l’hommage national au sergent Blasco et qu’aujourd’hui il est enterré parmi les siens, ce qu’a dit le Premier ministre malien est inadmissible. C’est une honte. Et ça déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement », s’est indigné le Président français, Emmanuel Macron, ce jeudi 30 septembre 2021, en marge de la clôture de la saison Africa 2020 à l’Elysée.

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Emmanuel Macron se dit convaincu que « ce n’est pas ce que pensent les Maliens. Les Maliens sont les premières victimes du terrorisme djihadiste. Je sais qu’aujourd’hui, tant et tant de Maliennes et Maliens pensent à leurs enfants qui sont morts de ces terroristes mais ils pensent aussi à ces familles de soldats qui ont perdu un fils à des milliers de kilomètres d’eux pour aider à sauver le Mali ».

Et pour le dirigeant français, le fait qu’il y ait « tant de mépris des actuels dirigeants maliens à l’égard de nos soldats, des vies qui ont été laissés, c’est inadmissible ». Le chef de l’Etat français n’a pas manqué de rappeler ses attentes aux nouvelles autorités maliennes. « Ce que j’attends, c’est que le processus électoral soit fait, que ceux qui sont là par le fruit d’un coup d’État respectent la vie démocratique et arrêtent de mettre en prison les dirigeants politiques… », a précisé Emmanuel Macron.

Dans son allocution, en marge de la 76ème Assemblée générale des Nations Unies, le chef du gouvernement malien avait dénoncé le mode de retrait de l’opération française Barkhane, au moment où la situation sécuritaire dans son pays est très précaire avec des attaques terroristes récurrentes. Choguel Maïga avait accusé la France d’avoir abandonné le Mali, en décidant du retrait de Barkhane sans que son pays ne soit averti ni par Paris, ni par ses partenaires de l’ONU.

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