Présence militaire au Sahel, Paris riposte aux accusations de Bamako

Le Président Emmanuel Macron à l'Elysée
Le Président Emmanuel Macron à l’Élysée

La France n’a pas digéré les accusations portées à son encontre par le Premier ministre malien, samedi dernier, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU. Elle n’a pas manqué d’exposer clairement sa désapprobation des propos du chef du gouvernement de transition au Mali.

La réaction française ne s’est pas fait attendre suite aux propos tenus par le Premier ministre malien, samedi dernier, à la tribune des Nations Unies. C’est d’abord le Quai d’Orsay qui, par la voix de son porte-parole, a donné le ton, lundi dans l’après-midi. « La transformation de notre dispositif militaire au Sahel ne constitue ni un départ du Mali ni une décision unilatérale, et il est faux d’affirmer le contraire », a-t-il déclaré.

Et la ministre des Armées, Florence Parly de monter, à son tour, au créneau pour déverser son fiel contre Bamako : « Quand on a 5 000 soldats et qu’on se désengage de trois emprises, et qu’on a l’intention d’en laisser encore plusieurs milliers, ce n’est pas l’attitude normale d’un pays qui a l’intention de s’en aller », a-t-elle lancé, avant d’accuser les autorités maliennes d’hypocrisie : « C’est beaucoup d’hypocrisie, c’est beaucoup de mauvaise foi, beaucoup d’indécence, surtout parce que ces propos ont été tenus le samedi 25 septembre. Or, le vendredi 24 septembre, un 52e militaire français a donné sa vie pour combattre le terrorisme au Sahel ».

Depuis quelques semaines, l’annonce de tractations en cours entre la société russe Wagner et les autorités de transition au Mali fait couler beaucoup d’encre et de salive. Entre Paris et Bamako, la tension commence à monter. Pour la France, il n’est pas question que le Mali ouvre son territoire à la présence russe. Alors que du côté malien, on cherche des solutions pour combler le vide créé par la fin de l’opération Barkhane sifflée en juin dernier par Emmanuel Macron.