
La traversée entre la Corne de l’Afrique et la péninsule Arabique a de nouveau viré au drame. Après le naufrage d’une embarcation transportant des migrants au large de Djibouti, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa compassion aux familles endeuillées et appelé à renforcer la coopération contre les réseaux de passeurs.
Le drame s’est produit dans la nuit du 8 au 9 octobre, près de Guhere, au nord d’Obock, sur la côte djiboutienne. L’embarcation faisait route vers le Yémen, passage emprunté par de nombreux migrants qui espèrent rejoindre ensuite les pays du Golfe à la recherche d’un emploi ou de meilleures conditions de vie.
Selon les premiers éléments communiqués par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le bateau transportait plusieurs centaines de personnes. Des survivants ont rapporté qu’il avait chaviré peu après son départ. Des enfants figurent parmi les victimes.
Le bilan a toutefois évolué au fil des informations recueillies. Dans son communiqué du 11 octobre, l’Union africaine a fait état de 109 morts, sur la base des informations alors rapportées par les Nations unies. Des dépêches publiées le même jour par Reuters et Associated Press, citant l’OIM, ont ensuite évoqué au moins 139 décès et 84 personnes portées disparues. Les autorités djiboutiennes poursuivent les opérations de recherche et de secours. Les survivants reçoivent une assistance médicale et psychologique, tandis que les équipes présentes sur place contribuent à la prise en charge des victimes.
L’Union africaine appelle à s’attaquer aux causes de la migration irrégulière
Face à cette tragédie, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa profonde tristesse et adressé ses condoléances aux familles des victimes. Il a également manifesté la solidarité de l’organisation envers les survivants et toutes les personnes touchées par le naufrage.
Au-delà de l’hommage, le responsable africain a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et internationale. L’objectif, selon lui, est de s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière, de combattre le trafic de migrants et la traite des personnes, mais aussi de promouvoir des voies migratoires sûres, ordonnées et régulières.
A l’en croire, les opérations de secours peuvent sauver des vies après un naufrage, mais elles ne suffisent pas à empêcher que d’autres embarcations prennent la mer dans des conditions dangereuses. L’Union africaine affirme vouloir travailler avec les États membres et ses partenaires afin de protéger la vie et la dignité des migrants, en accordant une attention particulière aux enfants et aux autres personnes vulnérables.
La route de l’Est, un corridor migratoire dangereux
Le naufrage de Djibouti s’inscrit dans une crise plus large. Depuis la Corne de l’Afrique, de nombreux migrants traversent le golfe d’Aden pour rejoindre le Yémen, avant de tenter de gagner l’Arabie saoudite et d’autres pays de la péninsule Arabique. Cette route dite « de l’Est » attire des Éthiopiens et des Somaliens qui fuient des conditions économiques difficiles, les conflits, les déplacements forcés ou le manque de perspectives.
Mais la traversée expose les voyageurs à de multiples dangers, embarcations surchargées, naufrages, exploitation par des passeurs, violences et arrestations. Le Yémen constitue lui-même un environnement instable, marqué par des années de conflit. Les risques ne s’arrêtent donc pas à l’arrivée sur la rive opposée.
D’après les données de l’OIM, en 2025, plus de 900 migrants sont morts ou ont été portés disparus le long de cette route, selon le projet de l’organisation consacré aux migrants disparus. Le nombre de personnes qui empruntent ce corridor avait également progressé de 18 % cette année-là.




