Les Algériens se plaignent de la flambée des prix

A la veille de la fin du Ramadan, les ménages algériens sont surpris par la hausse des coûts des biens de consommation. Les prix des fournitures scolaires, par exemple, ne cessent d’augmenter.

(De notre correspondant)

La fête religieuse de l’Aïd el Fitr impose beaucoup de dépenses aux familles algériennes. D’autant que la rentrée scolaire approche, il faudra également sortir le portefeuille. Ce jour est fixé pour le 03 septembre prochain. A cause de la crise, l’étau socioéconomique se resserre sur de nombreux ménages.

Une fête hors de prix

Pendant les fêtes religieuses comme l’Aïd El Fitr, marquant la fin du mois de Ramadan, tous les prix flambent face à un marché dominé par la spéculation qui ruine les ménages. Les foyers algériens les plus modestes, contraints parfois à se priver du nécessaire, s’endettent pour rompre dignement le jeûne. « Avec cette flambée des prix, nous ne dormons pas sur nos deux oreilles car notre souci numéro un est de satisfaire nos enfants, appelés également à rejoindre les bancs de l’école. Nous devons donc dépenser davantage, au risque de se ruiner », nous fait remarquer une mère qui travaille dans le secteur de la santé.

Ammi Akli, retraité et vivant dans la banlieue d’Alger, estime que cette hausse du coût des vêtements pour enfants est une atteinte à ses maigres bourses : « Nous avons pris l’habitude et à l’approche d’une importante occasion comme les fêtes religieuses durant lesquelles les enfants ont besoin de s’habiller en habits neufs, l’augmentation des prix nous fausse les calculs et aucun parent ne peut se permettre de répondre aux besoins de tous ses enfants ». Même les vêtements d’occasion n’ont pas échappé à cette hausse. Les friperies enregistrent d’importants flux de clients en quête de meilleurs prix pour octroyer un semblant de joie à leurs enfants.

L’inflation oblige les ménages à se rabattre sur les vêtements chinois de piètre qualité, mais aux prix abordables. « On n’a pas le choix, même si l’on parle des effets secondaires que pourraient avoir les vêtements chinois comme les allergies, cette réalité ne compte pas pour nous. L’essentiel c’est de procurer de la joie à nos enfants », nous déclare une dame, chômeuse de son état dans la région de Kabylie. Voilà, donc, que s’achève le mois de Ramadan avec un goût amer pour de nombreuses familles souffrantes qui, faute d’argent, n’ont pas pu réaliser tous les caprices de leurs enfants.

Pouvoir d’achat en berne

Cette situation inquiétante n’est pas nouvelle et donne à réfléchir. A quelques semaines de la rentrée scolaire, difficile à affronter, une pareille situation est loin d’être de bon augure. Elle est, au contraire, de nature à aggraver dangereusement les tensions déjà existantes. Les citoyens issus de strates sociales défavorisées sont outrés d’assister, impuissants, à la détérioration de leurs conditions de vie et de leur pouvoir d’achat.

Tensions sociales

Le Mouvement populaire algérien, dirigé par Amara Benyounès, sort du silence pour interpeller les tenants du pouvoir quant à la situation réelle qui prévaut dans le pays. « En tout état de cause, l’acte de gérer, de gouverner, consiste à prévenir et non à expliquer les défaillances a posteriori », souligne un communiqué rendu public cette semaine. « Les Algériens ne comprennent pas la discrétion des pouvoirs publics face à une situation qui comporte tous les ingrédients d’une explosion sociale », ajoute le texte. Nombreux sont les citoyens qui sont du même avis, reflétant ainsi le climat social tendu qui règne en Algérie.

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