Kinshasa et Abou Dhabi scellent un partenariat économique stratégique


Lecture 3 min.
Félix Tshisekedi, Président de la RDC
Le Président de la RDC, Félix Tshisekedi

Après deux années de négociations, la République démocratique du Congo s’apprête à prendre une décision diplomatique majeure aux Émirats arabes unis. Ce lundi 2 février, le président Félix Tshisekedi est reçu au palais de Qasr Al Watan. Il doit y signer un Accord de partenariat économique global. Ce texte vise à structurer de nouveaux échanges commerciaux et à attirer des investissements stratégiques vers la RDC.

Il s’inscrit dans une volonté assumée de diversification des partenariats économiques du pays.

Un accord d’envergure pour diversifier les échanges

Ce document imposant de plus de cent pages ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il instaure un cadre formel pour des échanges commerciaux dans de nombreux secteurs d’intérêt commun. En présence de l’émir Mohammed ben Zayed Al Nahyane, les ministres du Commerce extérieur des deux nations doivent parapher ce texte conçu comme un modèle « gagnant-gagnant ». Pour Kinshasa, l’enjeu est de réduire sa dépendance vis-à-vis de ses partenaires traditionnels. Cela passe par l’ouverture de nouveaux débouchés vers les marchés du Golfe. Le pays cherche également à attirer des investissements émiratis dans des infrastructures clés.

La bataille de l’or et de la souveraineté économique

Au cœur de ce traité se trouve, par ailleurs, une dimension sécuritaire et stratégique. Elle est directement liée à la crise qui secoue l’est de la RDC. À ce titre, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, a souligné le rôle central de l’or congolais dans ces nouvelles dispositions. Selon les autorités, une part importante de l’or extrait illégalement en RDC transiterait par le Rwanda. Cet or atteindrait ensuite les places financières d’Abou Dhabi. Dès lors, en signant cet accord direct, Kinshasa espère briser ces circuits de contrebande. L’objectif est aussi de reprendre le contrôle de ses ressources minérales et de priver ses adversaires régionaux de revenus financiers majeurs.

Une diplomatie de combat sur plusieurs fronts

Ce déplacement aux Émirats arabes unis s’inscrit dans une tournée internationale plus large de Félix Tshisekedi. Le chef de l’État est également attendu aux États-Unis dans les prochains jours. Cette offensive diplomatique démontre la volonté de la RDC de transformer le conflit à l’Est en une lutte pour la souveraineté économique. En renforçant les liens directs avec les destinations finales de ses richesses naturelles, le pouvoir congolais mise sur la diplomatie commerciale. L’objectif est d’affaiblir les réseaux de financement des groupes armés. Cette stratégie vise aussi à stabiliser durablement les frontières tout en développant l’économie nationale.

Sidoine
Sidoine observe, écoute et raconte l’Afrique telle qu’elle se vit au quotidien. Sur Afrik.com, il mêle récits, portraits et analyses pour donner chair aux événements et aux débats qui animent le continent
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News