Togo : un nouveau vaccin pour renforcer la lutte contre le paludisme


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Opération de vaccination
Opération de vaccination

À compter du 1er septembre, le Togo introduira le vaccin antipaludique R21 dans son programme national de vaccination. Destiné aux nourrissons, ce vaccin complète les mesures déjà mises en place contre une maladie qui reste l’une des premières causes de mortalité infantile. Les autorités sanitaires insistent sur son efficacité et sa sécurité, tout en appelant à l’adhésion des familles.

Soutenu par l’OMS et Gavi, ce déploiement marque une avancée décisive dans la lutte contre le paludisme.

Une réponse sanitaire attendue

L’annonce a été faite lors d’une rencontre de sensibilisation organisée le 26 août à Lomé par la division immunisation du ministère de la Santé et de l’Hygiène. Responsables politiques, parents d’élèves, leaders communautaires et acteurs de l’éducation ont été conviés à cette séance d’information. Objectif : garantir l’adhésion des populations à l’introduction de ce vaccin.

Le gouvernement a annoncé que le vaccin contre le paludisme sera introduit à partir du 1er septembre. Il cible les enfants âgés de cinq mois dans les formations sanitaires. Selon la division immunisation, ce déploiement repose sur la sécurité et l’efficacité reconnues du produit.

Le protocole vaccinal

Le schéma prévu par les autorités togolaises repose sur quatre doses administrées à des âges précis : la première à 5 mois, la deuxième à 6 mois, la troisième à 7 mois et la dernière à 15 mois. Dès la rentrée de septembre, les structures sanitaires commenceront à proposer systématiquement ces injections aux nourrissons concernés.

Le R21 est le deuxième vaccin contre le paludisme approuvé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en octobre 2023. Son efficacité dans la réduction des formes simples et graves de la maladie en fait un outil complémentaire aux autres mesures déjà mises en œuvre.

Une stratégie globale de prévention

Le vaccin ne vient pas remplacer les dispositifs existants, mais les renforcer. En 2023, plus de 6,6 millions de moustiquaires imprégnées ont été distribuées au Togo. À cela s’ajoutent la chimioprévention saisonnière pour les enfants et les traitements préventifs intermittents destinés aux femmes enceintes. Avec l’introduction du R21, les autorités espèrent réduire significativement l’incidence de la maladie.

Soutien international et engagement national

Le déploiement du R21 est rendu possible grâce à l’appui de l’Alliance mondiale pour les vaccins (Gavi). Sa directrice exécutive, Sania Nishtar, avait récemment réaffirmé le soutien de son organisation lors d’un entretien avec le président Faure Gnassingbé en marge de la TICAD 9. Le Togo devient ainsi le 21ᵉ pays africain à intégrer ce vaccin dans sa politique de santé publique.

En franchissant ce pas, le Togo envoie un signal sur son engagement à protéger sa population, notamment les enfants, les plus vulnérables face au paludisme. Mais le succès de cette initiative dépendra aussi de l’adhésion des familles, encore marquées par les réticences observées lors des campagnes de vaccination contre la COVID-19.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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