Cameroun : les moustiquaires imprégnées servent déjà d’emballage


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Des moustiquaires pour emballer des déchets
Des moustiquaires pour emballer des déchets plastiques

Acquises sous financement conjoint de l’Etat du Cameroun et son partenaire le Fonds Mondial de lutte contre le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose, les moustiquaires imprégnées, sensées aider à lutter contre la malaria/paludisme, sont curieusement transformées en emballages des bouteilles et cartons collectés dans les différents bacs à ordures, disséminés à travers nos grandes villes.

Lors du lancement de la 4ème campagne de distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (Milda), en 2022, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, avait invité les bénéficiaires « d’en faire bon usage, c’est-à-dire dormir chaque nuit dans ces moustiquaires ». Concernant la qualité de la matière utilisée, le ministre avait rassuré que « les Milda standard, Milda + PBO et Milda New generation distribuées sont de qualité supérieure ».

« L’utilisation de la moustiquaire permet d’éviter les piqûres des moustiques vecteurs de transmission des larves responsables du paludisme. L’Etat souhaite donc miser considérablement sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées dans les ménages, car c’est la solution préventive la mieux adaptée. A ce jour, depuis le début de cette stratégie en 2011, la morbidité liée au paludisme a diminué de 60% », avait-il conclu.

Des moustiquaires imprégnées utilisées à d’autres fins

Des moustiquaires pour emballer des ordures
Des moustiquaires pour emballer des ordures ménagères

Pour l’étudiante Charlotte Deffo, « lorsqu’un Etat s’engage dans ce genre d’opération, et à fort tapage médiatique, c’est surtout dans le souci d’avoir une population saine et active. Alors, voir des moustiquaires qui coûtent très cher au pays, distribuées gratuitement aux populations, encore en bon état, utilisées à d’autres fins, et en grand nombre, ne peut que m’irriter, et même, à me poser les questions suivantes : « les populations se soucient-elles de leur santé ? Les bouteilles ramassées dans les bacs à ordures sont-elles plus importantes que les êtres humains ? C’est toujours la recherche d’argent comme ça ?».

Parlant de ces collecteurs de bouteilles en plastique, autrefois, on les comptait du bout des doigts, en plus c’était en majorité, des personnes du 3ème âge, de sexe masculin, n’ayant pas tous leurs sens (malade mental). Mais de nos jours, la rareté des emplois a fait en sorte que, dans ce milieu, on y trouve les jeunes et vieux biens portants, tous sexes confondus. En dehors des bouteilles en plastique, ces collecteurs, qui ont élu domicile dans les bacs à ordures, sans aucun matériel de protection, ramassent également les habits, les chaussures, les objets en plastique et en bois, les cartons, le fer…

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