Le soleil se couche sur le Fima

Le Festival international de la mode (Fima 2005) s’est clôturé en beauté, jeudi soir. Dans l’écrin des dunes de Karey Gorou, à 16 km de la capitale nigérienne, le Grand Défilé a rassemblé 21 créateurs venus de 14 pays et 60 mannequins. Une explosion de couleurs et de créativité.

Dernière soirée du Festival international de la mode (Fima 2005). A 16 km de Niamey, le soleil décline doucement sur les dunes de Karey Gorou. Au loin, le fleuve Niger s’est nimbé de brume. Le sable prend une couleur rosée et douce qui donne à l’endroit un air surréel. Le silence du désert est entrecoupé des essais de musique et de micro. Sur la plus haute dune, les photographes shootent le coucher de soleil, tandis qu’en bas, les spectateurs arrivent sur le site du Fima pour assister au Grand défilé et à la soirée de clôture. Dans le hangar qui sert aux habillages, c’est la ruche : les maquilleurs d’Arsène Valère et les coiffeurs experts de Softsheen Carson s’activent autour des mannequins. Dernières retouches, dernières touches de gloss et de paillettes dorées…

Ce soir, c’est la nuit des créateurs internationaux dont la renommée a largement dépassée les frontières de leurs pays respectifs. 21 créateurs venus de 14 pays vont faire défiler une soixantaine de mannequins représentant la beauté des quatre coins de la planète. « Ce soir, les plus grands stylistes qui habillent les plus belles femmes du monde sont là pour montrer que le Niger est le plus beau pays du monde ! » lance Alphadi en guise d’introduction, avant de laisser le micro à la journaliste de TV5 Elisabeth Tchoungui, présentatrice d’un soir.

Les grandes dames de la couture

La nuit s’est installée et, installés sur des coussins et des tapis, les spectateurs en prennent plein la vue. On gardera de ce magnifique défilé, à l’habillage sonore impeccable, une impression de foisonnement qui colle si bien à la mode africaine contemporaine. Celle-ci est riche, variée, métissée et inventive. Et ce Grand défilé en a été l’illustration parfaite. A tout seigneur, tout honneur, c’est Alphadi qui a ouvert le bal. Robes mixant les matières et pulvérisant les codes, bustiers extravagants, manteaux ravageurs et djellabas revisitées… Le maître est toujours aussi créatif ! Quelle classe !

Côté africain, deux grandes dames de la couture ont présenté leurs collections. Clara Lawson, du Burkina Faso, qui travaille à Ouagadougou et a ouvert il y a 5 ans la première agence de mannequin du pays. Ses créations raffinées sont réalisées à partir de tissus traditionnels burkinabé. Quant à Collé Sow Ardo, du Sénégal, elle vient de fêter les 22 ans de sa marque et a emporté pour le Fima ses boubous sobres et chics. Dou Couture, du Mali, valorise aussi les tissus traditionnels et chez Momo Couture (Côte d’Ivoire) c’est le pagne version glamour ! Magnifiques, ces « falbalas » africaines aux airs de gitanes avec leurs robes à frous-frous. A citer aussi : Bamondi du Togo, Karim Tassi du Maroc qui ose la djellaba transparente pour homme. Le grand Pathé’O, qu’on ne présente plus, fierté du continent qui habille Nelson Mandela ! Ou encore le Malien Xüly Bet, installé à Paris et qui fait bouger la mode depuis 15 ans.

Des Etats-Unis à la France

Deux Américains ont fait le déplacement au Niger : Ashtom de New-York et Jedda Khan, de Baltimore, qui, du haut de ses 23 ans, est le plus jeune styliste du Grand Défilé. A leurs côtés, Marie Chassan, de la Réunion, a présenté ses magnifiques bijoux modernes et coquins de sa marque Cafrine Bijoux. Sautoirs, colliers imposants, plastrons, bracelets… Et Cafrine n’oublie pas de parer les hommes ! Citons encore Kate Mike, Antillaise qui vit à Paris et a déjà ouvert deux boutiques dans la capitale française, Ji Haye, styliste et designer, et les Français Laurent Mercier, qui habille Sylvie Vartan ou Vanessa Paradis, Eymeric François, avec ses robes ultra-féminines, Franck Sorbier, avec sa collection largement inspirée de l’Afrique, Impasse de la Défense, la marque de l’hyper-créatif Karim Bonnet, qui travaille avec des peintres. Sa collection fait honneur aux couleurs vives, au mélange des imprimés et aux accessoires, avec de grandes capelines colorées et des lunettes de soleil XXL. Enfin, Katherine Pradeau, a agrémenté ses créations chics et urbaines de sacs traditionnels en cuir nigérien.

Le Grand Défilé a été rythmé par des plages de musique : l’hymne du Fima, l’Ivoirienne Aïcha Koné, le Congolais Kaysha, qui a fait fondre les jeunes filles avec sa voix de crooner, Zedem, une jeune rappeuse nigérienne, Lynsha, l’une des chanteuses de Dealer de zouk, et Jacob Devarieux. Seul regret de cette soirée : les fameux Cheichs d’or ont été dédiés aux officiels nigériens et étrangers présents et aux sponsors de l’événement… Dommage. Heureusement, trois d’entre eux iront néanmoins ce vendredi aux jeunes créateurs participant au concours « L’Afrique est à la mode ! ». Rendez-vous sur Afrik pour connaître les lauréats.

Réagissez à cet article sur notre forum