Le polar s’encre en Afrique

Le polar est un genre à part, entre le réalisme social du documentaire et la fantaisie débridée des poètes, à mi-chemin entre la précision des géomètres, leurs équilibres subtils, et les embardées du cauchemar

Le XX ème siècle aura probablement été l’âge d’or du polar, qui s’est développé sur les ruines du roman classique, comme une forme à la fois libre (la langue n’y est pas soumise aux mêmes académismes) et sérieusement réglée (car la logique doit y être respectée, ou plus exactement la logique propre du policier, qui repose en grande partie sur l’énigme et l’intuition des solutions).

Bonne nouvelle, les éditeurs français ouvrent de plus en plus leurs collections policières aux auteurs du reste du monde, anglophones souvent, mais aussi francophones. Les écrivains africains peuvent ainsi prouver aux amateurs de séries noires qu’ils n’ont rien à envier à leurs homologues occidentaux. Car même si les circuits de distribution sont encore restreints en Afrique, le continent a donné naissance à une littérature  » noire « , qui mérite d’être mieux connue.

Le premier festival  » Polar à Dakar « , qui a eu lieu du 20 au 26 février 2000, au Centre culturel français de Dakar, a apporté la preuve de la vitalité du genre sur le continent, et de l’écho très positif qu’il rencontre auprès du public africain. De grandes figures du policier à l’africaine commencent à émerger. Ainsi le Sénégalais Abasse Ndione, considéré comme le chef de file du roman noir dans son pays, et Yasmina Khadra qui ancre ses récits dans la noirceur de son pays en guerre, l’Algérie.. Le conseiller artistique du festival, Lucio Mad, lui-même auteur de romans policiers, avait bien fait les choses. Entraînant dans son sillage des personnalités françaises comme Thierry Crifo – scénariste d’origine tunisienne et auteur de  » La Balade de Kouski « , Série Noire / Gallimard, 1998 – et le réalisateur Léos Carax, il a surtout permis à des auteurs sénégalais de rencontrer leur public.

Sous la plume d’Olivia Marsaud, Afrik.com vous propose, à travers un dossier de quatre articles, de faire le point sur le polar à l’africaine et d’en découvrir les fleurons…

Le polar s’encre en Afrique (1) : sueurs froides à Dakar

Le polar s’encre en Afrique (2) : meurtres, cannabis et p’tites pépées

Le polar s’encre en Afrique (3) : Algérie, des romans très très noirs

Le polar s’encre en Afrique (4) : Maghreb connexion