Le polar s’encre en Afrique (4ème partie) : Maghreb connexion

Dernier volet de notre série sur le roman policier africain.La preuve en est faite : le continent a donné naissance à une littérature  » noire « , dont il faut absolument prendre conscience.

On trouve chez les écrivains de polars maghrébins ou d’origine maghrébine, une dureté déroutante. Les plumes sont aiguisées, le ton caustique, l’esprit cynique, et les métaphores cruelles. Voici quelques exemples de romans noirs et bruts.

Les écrivains maghrébins, qu’ils vivent en France ou dans leurs pays d’origine, ont trouvé l’art et la manière d’exprimer leurs difficultés quotidiennes et de supporter leurs pays à la dérive. Leurs polars sont ancrés dans l’absurde guerre civile algérienne ou dans les banlieues maussades de France, où la condition d’immigré ne facilite pas les choses.

En 1998, Gallimard sort dans sa Série Noire, deux romans policiers, en rapport avec le Maghreb. Dans Avis déchéance Mouloud Akkouche, français d’origine maghrébine, nous présente son héroïne. Elle s’appelle Nassima Benarous et c’est une beurette, femme flic philosophe et intello. Elle enquête dans les milieux toxicomanes de Paris et notamment à Montreuil, qui est la ville d’origine de l’auteur.

Quant à Catherine Simon, ancienne correspondante du quotidien Le Monde en Algérie, elle brosse un tableau inquiétant de la guerre civile algérienne. Un baiser sans moustache relate l’histoire d’une beurette vivant à Paris et qui part à la recherche de sa mère disparue à Alger. De Lyon à Alger, en passant par Oran, on croise des islamistes, des mafiosi et des militaires. Du pur roman noir.

L’Algérie, terre de polars

Celui ou celle qui se cache derrière le pseudonyme de Yasmina Khadra, a choisit le polar pour raconter l’Algérie. Entre 1997 et 1998 sont publiés dans la Collection Instantanés de polar aux Editions La Baleine, Morituri, Double blanc et L’Automne des chimères. Le commissaire Llob nous fait un peu mieux connaître cette Algérie ensanglantée par la guerre civile ou le tragique le dispute au surréalisme.

 » Désormais, dans mon pays, il y a des gosses que l’on mitraille simplement parce qu’ils vont à l’école, et des filles que l’on décapite parce qu’il faut bien faire peur aux autres. Désormais, dans mon pays, à quelques prières du Bon Dieu, il y a des jours qui se lèvent uniquement pour s’en aller, et des nuits qui ne sont noires que pour s’identifier à nos consciences «  (Y. Khadra, Morituri, 1997). Dans la même collection, Chawki Amari nous offre De bonnes nouvelles d’Algérie en 1998, des histoires d’une profonde noirceur, à l’image de la vie en Algérie cette année-là.

Commander : Morituri

Un grand merci à Lucio Mad, qui m’a ouvert une voie royale vers le polar à l’africaine, et à son assistant Mathieu Gorse

Le polar s’encre en Afrique (1) : sueurs froides à Dakar

Le polar s’encre en Afrique (2) : meurtres, cannabis et p’tites pépées

Le polar s’encre en Afrique (3) : Algérie, des romans très très noirs