Le métis de Monaco

A quelques jours de son intronisation sur le trône de Monaco, le prince Albert a reconnu publiquement, mercredi, être le père d’Alexandre. Le petit métis de 22 mois est né de sa relation, qui a pris fin en 2003, avec Nicole Coste, ex-hôtesse de l’air d’origine togolaise. L’enfant aura droit à l’héritage mais ne pourra monter sur le trône.

Le Rocher, épisode 2. Le Prince Albert de Monaco a reconnu publiquement, mercredi, par le biais d’un communiqué, être le père d’Alexandre, l’enfant de 22 mois qu’il a eu avec Nicole Coste, ancienne hôtesse de l’air d’origine togolaise. L’existence d’Alexandre, né à Paris en 2003, avait été révélée début mai dans une longue interview de Nicole Coste donnée au journal Paris-Match, peu après la mort du prince Rainier, le 6 avril. Albert aura laissé passer les trois mois de deuil officiel pour se prononcer. « J’ai reconnu cet enfant devant notaire, quelques semaines après sa naissance, et demandé que l’acte soit retranscrit en mairie dès la fin de la période de deuil », précise-t-il dans une interview à paraître samedi dans Le Monde2.

Il poursuit : « J’assume entièrement mes responsabilités et j’assurerai la part qui me revient dans l’éducation de cet enfant, soucieux de son avenir et de la protection de son droit à une jeunesse normale, à l’abri de la curiosité des médias. » Dans le communiqué de mercredi, le prince célibataire de 47 ans dénonce « une presse avide de sensations » qui a « publié une version unilatérale des faits ». Il dit trouver « attristant » et « choquant » que cette affaire, « qui aurait dû rester strictement privée, ait été rendue publique de cette façon-là et à ce moment-là ». Il a d’ailleurs obtenu la condamnation de l’hebdomadaire français le 29 juin pour atteinte à la vie privée et au droit à l’image pour la publication de l’interview de son ancienne amante.

« Enfant naturel mais non légitime »

Celle-ci s’était justifiée début juillet, déclarant à l’AFP : « J’ai eu peur qu’Albert renonce à reconnaître son fils. C’est pour ça que j’ai accepté de répondre à des journalistes, et la médiatisation s’est faite par l’intermédiaire d’un proche. J’ai eu une éducation catholique très droite et pour moi c’était une honte de ne pas pouvoir dire à ma famille qui était le père de l’enfant. J’avais toujours dit à Albert qu’Alexandre ne vivrait pas caché. »

Alexandre Eric Stéphane ne vivra donc pas caché mais pas non plus dans la lumière royale… Car malgré cette reconnaissance, Alexandre, « enfant naturel mais non légitime », selon l’avocat du prince, ne porte pas le nom des Grimaldi. Il ne pourra en outre pas prétendre au trône car il est né en dehors d’un mariage civil et religieux. « Son existence n’aura aucune incidence sur le fonctionnement du régime ni sur ma succession. Les règles de la Constitution sont très claires à ce sujet. Il n’y aura que des conséquences patrimoniales », a indiqué Albert. Son père Rainier a effectivement modifié la Constitution monégasque en 2002, qui stipule à présent que « la succession au trône s’opère dans la descendance directe et légitime du prince régnant ». A défaut, les deux sœurs d’Albert, Caroline et Stéphanie, ainsi que leurs enfants, pourraient lui succéder. En revanche, Alexandre, toujours selon l’avocat, « aura droit à l’héritage au même titre que les autres enfants du prince au moment où il en aura ». La fortune princière est estimée par la presse à 2 milliards d’euros.

« Longue et âpre négociation »

Pour le journal L’Express, « la reconnaissance officielle est le fruit d’une longue et âpre négociation, dans laquelle chaque partie s’est défendue pied à pied, à coups d’analyse génétique anonyme en Suisse, d’acte confidentiel chez un notaire, de chantage aux médias et de procédure judiciaire. Parmi les enjeux de la négociation, une allocation régulière, des extras chez les grands couturiers et une somptueuse villa sur la Côte d’Azur avec vue sur la mer. Le prix du silence ? A Monaco, on voulait éviter à Rainier un dernier scandale public au crépuscule de sa vie. »

Il n’empêche que cette histoire a donné un peu de piquant au prochain avènement d’Albert II. La cérémonie d’intronisation aura lieu le 12 juillet prochain sur le Rocher aux 32 000 habitants. Quant au petit Alexandre, il fêtera, loin de la polémique, ses 2 ans le 24 août prochain.

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