Congo : Paris-Match contre Sassou N’Guesso

L’hebdomadaire français Paris Match, propriété du Groupe Lagardère, réputé proche de Nicolas Sarkozy, avait naguère servi de tribune à Denis Sassou N’Guesso, complaisamment interviewé dans une suite d’un grand hôtel parisien. Mais le torchon brûle entre le chef de l’Etat congolais et les médias proches de l’establishment parisien : ce sont ses opposants qui font désormais la Une !

On se souvient du 23 juin 2016, jour où un groupe d’activistes congolais résidant dans la banlieue parisienne, avait projeté une voiture bélier contre le portail de l’Ambassade du Congo-Brazzaville à Paris, avant de l’incendier pour tenter de mettre le feu à ce coquet hôtel particulier de la rue Paul Valéry, dans le seizième arrondissement de la capitale française.

Les auteurs de cette action d’éclat sont héroïquement comparés par Paris Match dans son édition du 19 octobre 2016 à des « résistants » français lors de l’occupation allemande entre 1940 et 1944 : « Brazzaville était la capitale de la France libre, aujourd’hui Paris est la capitale du Congo libre » !

Et l’hebdomadaire de reprendre très largement à son compte les appréciations peu amènes des auteurs de cette action-commando qui n’avait pas fait de victimes et avait seulement causé des dégâts minimes à l’Ambassade, Donald « imperator », Bran dit « Mandela » Herold -« Petit Maître » et Faye : « Le cercle autour du président sortant s’est réduit (…) Reste sa famille, qui tient les clefs de l’économie (…) Le spectacle est peu réjouissant pour les Congolais, mais il y a pire : des vagues de répression dans le Sud de Brazza, des opposants emprisonnés et les bombardements dans le Pool. »

De quoi justifier, aux yeux des militants interrogés, le ralliement au « Groupe des Combattants Congolais à Paris », aux côtés de plusieurs exilés de Brazzaville, qui mènent depuis la France une guérilla féroce contre les dirigeants politiques congolais de passage en France avec pour objectif « de leur faire sentir qu’ils ne sont pas tranquilles quand ils viennent à Paris« . Et la conclusion du journaliste de Paris-Match, François de Labarre, partage leur espoir de rentrer chez eux « dans un Congo qui aura fermé le chapitre du « Sassouland« .