
La lagune Ébrié vibre cette semaine au rythme de la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA). Sous le thème « Arts du spectacle en Afrique : outil d’intégration économique et sociale ». Ici, l’art ne se contente plus de divertir, il affirme le poids économique des Industries Créatives et Culturelles.
D’Adjamé à Treichville, les scènes ont fleuri. Slam, danse contemporaine, humour et arts de la rue ont envahi l’espace public, transformant la capitale économique ivoirienne en un immense théâtre à ciel ouvert. Mais derrière les paillettes et les ovations du Palais de la Culture, c’est dans les coulisses du « MASA Marché » que le futur de la création continentale s’est joué.
Un marché, pas seulement un festival
Avec 99 groupes sélectionnés venus de 51 pays, cette édition a mis l’accent sur la professionnalisation. Le nouveau dispositif MASA LAB permet à de jeunes talents de rencontrer des diffuseurs internationaux, transformant des projets embryonnaires en tournées mondiales potentielles.
Sur le terrain, l’enthousiasme est palpable. Pour Moussa K., percussionniste burkinabé croisé à la sortie d’un showcase : « Le MASA, ce n’est plus seulement venir jouer devant un public qui applaudit. C’est le moment où on discute contrats, fiches techniques et droits d’auteur. Cette année, j’ai eu plus de rendez-vous avec des tourneurs européens et américains qu’en cinq ans de carrière. »
Même son de cloche pour Awa D., programmatrice sénégalaise : « On sent une montée en gamme. Les spectacles ne sont plus seulement authentiques, ils sont calibrés pour l’exportation. Abidjan est devenu notre hub incontournable pour repérer la pépite de demain. »
La culture, moteur de croissance
Les autorités ivoiriennes, conscientes du rôle du soft power culturel, ont réaffirmé leur soutien total à l’événement. Lors de la cérémonie d’ouverture, le Premier Ministre Robert Beugré Mambé a souligné l’importance stratégique de ce rendez-vous : « Le MASA est un puissant levier d’intégration. À travers les arts, nous ne faisons pas que célébrer notre identité, nous construisons une économie résiliente pour notre jeunesse. »

De son côté, la Ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a insisté sur la vision à long terme : « Notre ambition est de faire de la Côte d’Ivoire le carrefour des industries créatives. Le MASA 2026 prouve que la culture est un secteur qui crée de l’emploi et de la richesse, bien au-delà de la scène. »
Abidjan confirme bien son statut de « place to be« . Entre les notes de kora et les éclats de rire des humoristes, le MASA a une nouvelle fois prouvé que si l’Afrique danse, c’est aussi pour aller plus vite et avec élégance vers la culture mondiale de demain!



