
Séjournant à Abidjan pour la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA), la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, a été reçue mardi 14 avril 2026 par le président ivoirien Alassane Ouattara. Au cœur de leurs échanges : les préparatifs du XXe Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, et l’élection très disputée du prochain secrétaire général de l’organisation.
La visite de Louise Mushikiwabo à Abidjan mardi 14 avril 2026 se place dans la stratégie sur l’avenir de l’espace francophone. Entre diplomatie culturelle et enjeux géopolitiques, cet arrêt en terre ivoirienne dessine les contours du XXe Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge.
Présente officiellement pour la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA), où elle avait participé à la cérémonie d’ouverture par visioconférence le 11 avril avant de se rendre sur place, la secrétaire générale a profité de ce cadre pour réaffirmer le rôle de la Côte d’Ivoire comme pays modèle au sein de l’OIF. Reçue au Palais présidentiel par le chef de l’État Alassane Ouattara, elle a abordé des sujets qui ont largement transcendé les seuls enjeux culturels pour toucher aux crises qui secouent actuellement le continent africain et le monde.
Phnom Penh 2026 : un sommet décisif pour l’avenir de la Francophonie
L’entretien a servi de plateforme pour coordonner les préparatifs du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement francophones au Cambodge. Ce rendez-vous en Asie du Sud-Est, le premier sur ce continent depuis celui de Hanoï en 1997, revêt une importance capitale pour l’organisation. Initialement prévu à Siem Reap, le sommet a été transféré à Phnom Penh en février 2026 pour des raisons logistiques et opérationnelles. En effet, la capitale cambodgienne offre des infrastructures mieux adaptées à l’accueil de 5 000 à 7 000 délégués.
L’OIF cherche à renforcer sa pertinence face à la recomposition du multilatéralisme et aux tensions régionales. Placé sous le thème de la « paix, de la stabilité et de la prospérité durable », le sommet de Phnom Penh verra l’élection du secrétaire général de l’organisation. Louise Mushikiwabo, soutenue par le Rwanda, brigue un troisième mandat historique. Cependant, elle devra faire face à plusieurs candidatures concurrentes sérieuses, dont celles de Juliana Amato Lumumba (République démocratique du Congo), Dacian Ciolos (Roumanie), Coumba Bâ (Mauritanie) et Roll Stéphane Ngomat (Gabon). Le scrutin s’annonce comme un moment clé pour définir les priorités de la période 2026-2030. L’éducation, l’insertion des jeunes et la souveraineté numérique figureront au cœur des débats.
La Côte d’Ivoire, pivot africain de la Francophonie
En choisissant la Côte d’Ivoire pour ses consultations, Louise Mushikiwabo consolide l’influence de l’Afrique dans le pilotage de l’OIF. La Côte d’Ivoire reste un pilier de l’organisation. Elle joue ici un rôle de facilitateur pour s’assurer que les préoccupations africaines, paix, développement durable, entrepreneuriat, soient portées avec force lors du rendez-vous cambodgien.
Cette visite témoigne d’une Francophonie proactive. Ainsi, l’organisation est capable de lier les grands événements culturels comme le MASA, dont la 14e édition se tient du 11 au 18 avril avec le Maroc comme pays invité d’honneur et le Brésil en invité spécial, aux impératifs de la diplomatie mondiale. L’OIF fédère désormais 88 États et gouvernements représentant plus de 321 millions de locuteurs. C’est pourquoi le sommet de Phnom Penh sera un test de la capacité de l’organisation à peser dans un ordre international en pleine reconfiguration.




