Le Masa est de retour !

Les autorités ivoiriennes et les représentants de la Francophonie ont annoncé, jeudi, au Centre d’accueil de la presse étrangère, à Paris, la tenue de la première édition, depuis 2003, du Marché des arts du spectacle africain (Masa) en Côte d’Ivoire. Pour le ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Augustin Kouadio Komoé, c’est le signe de l’apaisement de la situation politique dans le pays.

« Nous revenons de loin.», a déclaré, Augustin Kouadio Komoé le ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie au Centre d’accueil de la presse étrangère, jeudi, à Paris, en annonçant la tenue du Marché des arts du spectacle africain (Masa) du 1er au 5 août prochains à Abidjan, dans la capitale ivoirienne. « La Perle des Lagunes » n’avait plus connu depuis 2003 la ferveur suscitée par la première plate-forme africaine offrant l’opportunité aux artistes africains d’exprimer leurs talents et de faire découvrir leurs spectacles à des acheteurs du monde entier. « Nous sommes engagés dans un processus de paix qui a connu un coup d’accélérateur depuis le 4 mars dernier », dira le ministre ivoirien, également président du conseil d’administration du Masa, faisant référence à l’accord de paix de Ouagadougou. Signé entre le président Laurent Gbagbo et l’actuel Premier ministre Guillaume Soro, secrétaire général des Forces Nouvelles, l’ex-rébellion ivoirienne, cet accord se veut un pas décisif en vue de sortir de la crise socio-politique dans laquelle est plongée la Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat de septembre 2002. « Il était important que la culture et les arts accompagnent ce processus.(…) Le dernier incident en date (l’attentat perpétré contre Guillaume Soro, ndlr) n’entame en rien notre volonté d’engager ce Masa spécial.», a affirmé le ministre de la Culture en rappelant que les deux leaders ivoiriens avaient réaffirmé leur volonté de poursuivre le processus de paix.

La culture pour accompagner la paix

Le « Masa de la paix » sera une édition « spéciale » à plus d’un titre. En plus d’Abidjan, et pour la première fois, il se déroulera dans quatre autres villes de l’intérieur du pays à savoir Bouaké, Daloa, Man et Korhogo, des villes situées autrefois en zone rebelle ou à la limite. Elles accueilleront le volet national de l’évènement qui se prolongera jusqu’au 12 août prochain et qui débutera à Abidjan dès le 28 juillet. Le Masa sera par ailleurs précédé du 23 au 27 juillet d’une table ronde internationale sur le thème « Démocratie, culture démocratique : sortie de crise et paix en Afrique » qui se tiendra à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Elle sera présidée par le Chef de l’Etat ivoirien. La programmation, encore provisoire du Masa, compte 23 groupes originaires de 17 pays dans le domaine du théâtre, de la danse et de la musique. Clément Duhaime, administrateur de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et vice-président du conseil d’administration, a tenu à rappeler, lors de la conférence de presse, que l’interruption du Masa n’avait pas empêché les experts de la Francophonie de sillonner l’Afrique à la recherche de nouveaux talents.

Le Masa a été crée en 1993 par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie et est devenu en 1998 un programme international de développement des arts vivants africains. Son ambition est d’assurer la circulation des œuvres en Afrique et dans le monde. La rencontre se tient en principe tous les deux ans. « Nous reprenons la route pour que nos artistes gagnent leur vie », a déclaré Clément Duhaime. Le Masa étant le lieu où « le meilleur de la création africaine » est proposé à des opérateurs artistiques internationaux. En renouant avec le Masa, les autorités ivoiriennes souhaitent, quant à elles, prouver qu’elles sont résolument sur le chemin de la paix et redonner ses lettres de noblesse à la Côte d’Ivoire dans l’agenda culturel panafricain.

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