Le Masa aura bien lieu

Le Marché des arts et du spectacle africain (Masa), repoussé en février dernier, se tiendra du 30 août au 6 septembre à Abidjan. Une sixième édition pleine de promesses avec une programmation théâtre, danse et musique de choix. Et un pas de plus vers la normalisation de la situation intérieure ivoirienne.

La sixième édition du Masa (Marché des arts et du spectacle africain) se tiendra du 30 août au 6 septembre à Abidjan. Cette manifestation, qui fait se rencontrer tous les deux ans depuis 1993 artistes et diffuseurs, a été repoussée de quelques mois, à cause de la situation intérieure de la Côte d’Ivoire. Pourtant, le directeur exécutif du Masa, Thomas Manou Yablaih, appelle à « ne pas douter de la qualité de la sélection et de la programmation ». Le Comité international de sélection du Masa a en effet examiné plus de 380 groupes musicaux et troupes de théâtre et de danse, pour n’en retenir que 45 en pré-programmation. Et comme à chaque biennale, l’édition 2003 mêlera têtes d’affiche et artistes en devenir.

Côté théâtre, trois grandes tendances se dessinent : les pièces trouvant leur inspiration dans le patrimoine des contes africains, celles abordant les problèmes actuels du continent (guerres, conflits sociaux…) et les spectacles réservés au jeune public. « Nous avons privilégié cette année la danse, notamment contemporaine », explique Thomas Manou Yablaih. « Avec des pays habituellement présents sur la scène internationale mais aussi des découvertes comme le Tchad avec la compagnie Black in Africa ou le Bénin avec la compagnie Ori Dance Club. » Enfin, pour la musique, « la grande innovation, c’est l’entrée au Masa des musiques et des danses traditionnelles que nous avons négligées jusqu’ici alors qu’elles représentent une immense source d’inspiration pour nos créateurs ». De nombreuses troupes traditionnelles devraient donc faire le voyage jusqu’à Abidjan.

Sécurité maximale

Qu’en est-il en revanche de la venue des programmateurs et professionnels étrangers ? Avec la récente crise ivoirienne, la question de la sécurité est sur toute les lèvres. Question balayée par Anne Messou, ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, par ailleurs présidente du Conseil d’administration du Masa. « Tout d’abord, la guerre n’a pas eu lieu à Abidjan mais dans l’ouest du pays. Ensuite, la vie est aujourd’hui redevenue normale. Il n’y a plus de couvre-feu et le désarmement est en cours », a martelé la ministre lors d’une conférence de presse au Centre d’accueil de la presse étrangère à Paris. « Il n’y aura pas de problème de sécurité au Masa. » L’Etat ivoirien , principale source de financement de la manifestation avec l’Organisation de la Francophonie, a d’ailleurs décidé de majorer son investissement pour assurer une sécurité maximale.

Et comme l’a expliqué la ministre : « Le Masa 2003 est un geste d’espoir pour la situation de notre pays. Les Ivoiriens veulent la paix et la tenue effective du Masa vient couronner tous les efforts entrepris ces derniers mois pour ramener la paix dans le pays. C’est un Masa « spécial » car il va nous permettre de revoir nos frères de la sous-région et ceux des autres régions d’Afrique ».

Visiter le site du Masa.