Le gouvernement ivoirien muscle la régulation des Jeux de hasard


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Jeux de hasard

Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 29 avril 2026, sous la présidence de S.E.M. Alassane Ouattara, le gouvernement ivoirien a franchi une étape dans l’encadrement de l’industrie du divertissement. Le décret portant création d’une unité spécialisée de surveillance du secteur des jeux de hasard a été adopté, marquant sa volonté d’assainir un marché en pleine expansion… mais sujet à de nombreuses dérives.

Avec la constitution d’un nouvel organe chargé de mieux réguler ce secteur, face à la multiplication des plateformes de jeux en ligne, des paris sportifs et des salles de jeux clandestines, la Côte d’Ivoire se dote d’une nouvelle « Unité de Surveillance du Secteur des Jeux de Hasard » qui aura pour mission principale d’assurer le contrôle technique, administratif et financier de tous les opérateurs exerçant sur son territoire.

Ciblage du blanchiment d’argent

En Côte d’Ivoire, les experts estiment que le taux de blanchiment d’argent lié aux jeux de hasard et aux paris clandestins représente désormais entre 5 % et 8 % du volume total des transactions suspectes signalées annuellement au niveau national. Cette nouvelle Unité de Surveillance du Secteur des Jeux de Hasard aura donc pour mission principale de réduire drastiquement ce taux.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Vagondo Diomandé, cheville ouvrière de ce projet de décret, a souligné lors du compte-rendu du Conseil des Ministres que cette unité travaillera en étroite collaboration avec la LONACI (Loterie Nationale de Côte d’Ivoire), qui conserve son rôle d’autorité de régulation, mais qui disposera désormais d’un appui opérationnel, doté de pouvoirs adaptés, pour des contrôles sur le terrain.

Outre le Chef de l’État, plusieurs figures clés du gouvernement ont porté cette réforme :  Vagondo Diomandé, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité est responsable de l’application du volet sécuritaire et de la lutte contre les établissements de jeux illégaux, tandis que le  Ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, est impliqué pour garantir que les flux financiers générés par les jeux soient dûment tracés et taxés, luttant ainsi contre le blanchiment d’argent. Pour finir c’est le Ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement Amadou Coulibaly qui a officialisé la mesure, précisant que ce décret vise avant tout la « protection des populations vulnérables ».

L’adoption de ce décret devrait engendrer un assainissement du paysage socio-économique ivoirien, en créant un équilibre nécessaire entre impératifs de protection et dynamisme de l’économie. D’une part, la lutte contre le blanchiment d’argent sera renforcée grâce à une surveillance accrue des flux financiers, garantissant ainsi que le secteur des jeux ne serve plus de plaque tournante au recyclage de capitaux illicites.

Sécuriser les joueurs…

Parallèlement, un contrôle plus strict de l’accès aux sites de paris en ligne permettra de mieux protéger les mineurs et les personnes vulnérables, notamment par l’imposition de sanctions durcies pour les opérateurs contrevenants. D’autre part, cette régulation favorisera un véritable assainissement du marché : la fermeture des sites non agréés sécurisera non seulement les parieurs, mais assurera également le paiement effectif de leurs gains.

…tout en augmentant les recettes fiscales!

Enfin, cet encadrement législatif se traduira par un accroissement substantiel des recettes fiscales grâce à une captation plus efficace des taxes, lesquelles pourront être réinjectées dans les œuvres sociales et le développement des infrastructures nationales.

L’unité devrait être opérationnelle dès le prochain trimestre, avec le déploiement d’agents assermentés capables d’effectuer des audits inopinés et de saisir les équipements non conformes. Ce décret du 29 avril 2026 s’inscrit dans la vision « Côte d’Ivoire 2030 », visant à moderniser les institutions et à sécuriser l’environnement des affaires.

Par cet acte, la Côte d’Ivoire rejoint le cercle étroit des pays africains disposant d’un arsenal juridique et opérationnel complet pour encadrer la révolution numérique du secteur des jeux de hasard.

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