
Alors que l’UEMOA affiche une santé macroéconomique enviée, sa survie politique semble de plus en plus indexée sur la puissance ivoirienne. Entre résilience insolente et leadership contesté, Abidjan porte à bout de bras les ambitions d’une zone en pleine mutation.
Le « Miracle » permanent d’une croissance tirée par Abidjan
Le « Miracle » permanent d’une croissance tirée par Abidjan… L’UEMOA ne se contente pas de résister aux chocs mondiaux ; elle performe. Avec une croissance consolidée de 6,7 % en 2025 et une projection de 6,4 % pour 2026, l’Union s’impose comme l’un des blocs les plus dynamiques du continent. Mais derrière ces chiffres globaux, une réalité s’impose, la Côte d’Ivoire est le principal carburant de ce moteur régional.
Grâce à une inflation maîtrisée à 0 % en 2025, l’espace communautaire offre une lisibilité rare aux investisseurs. Cette stabilité monétaire, couplée à une discipline budgétaire rigoureuse visant un déficit à 3 %, porte la marque de la stratégie d’assainissement impulsée par les grandes économies de la zone, Côte d’Ivoire en tête.
40% du PIB de l’UEMOA est ivoirien
Le poids de l’économie ivoirienne dans l’Union ne se limite plus à une simple influence régionale ; il revêt désormais un caractère systémique. Sous la présidence d’Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme le véritable moteur de la zone, concentrant aujourd’hui près de 40 % du PIB et des exportations globales de l’espace communautaire.
En pilotant le passage du Franc CFA vers l’Éco, Alassane Ouattara a acté une rupture historique :
- fin de la centralisation des réserves au Trésor français
- retrait des représentants de Paris.
Ce coup d’accélérateur vers la souveraineté monétaire porte son sceau et renforce la position d’Abidjan comme centre de gravité diplomatique de l’Afrique de l’Ouest. Des sommets extraordinaires aux réformes institutionnelles, la vision ivoirienne dicte souvent le tempo, faisant du pays le rempart ultime contre l’effritement de l’intégration régionale.
Une unité à l’épreuve des tensions avec l’AES
Toutefois, ce leadership de fer ne va pas sans frictions. L’insolente réussite ivoirienne et son influence prépondérante sur les instances communautaires crispent les voisins de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le blocage de la présidence tournante du Conseil des ministres en 2025, normalement dévolue au Burkina Faso, illustre cette fracture croissante. Pour certains États membres, l’influence d’Abidjan est jugée écrasante, provoquant des boycotts diplomatiques qui menacent la cohésion de l’Union.
Le défi du consensus politique en 2026
En somme, l’UEMOA est économiquement « dans le vert », et le doit en grande partie au dynamisme ivoirien. Le défi pour 2026 sera de transformer ce leadership économique en un consensus politique, afin d’éviter que la locomotive ivoirienne ne finisse par avancer seule, et que les wagons cahotent ou se retrouvent largués.




