
La banque publique allemande KfW a officialisé son entrée au capital d’ATIDI, acteur panafricain de l’assurance des risques liés au commerce et à l’investissement. Cette opération illustre la volonté de Berlin de mieux sécuriser ses intérêts économiques en Afrique, alors que le continent reste un marché à fort potentiel mais encore perçu comme risqué par une partie des investisseurs.
La KfW, banque de développement allemande, est devenue actionnaire d’ATIDI, l’institution africaine spécialisée dans la couverture des risques politiques, commerciaux et d’investissement. L’opération, annoncée à Nairobi, scelle le partenariat entre les deux institutions.
Avec un investissement annoncé de 32 millions de dollars, la banque publique allemande rejoint un actionnariat déjà composé d’États et d’institutions de développement. Ce positionnement n’est pas anodin : en entrant directement au capital d’ATIDI, l’Allemagne s’inscrit dans une logique de co-responsabilité stratégique.
Créer un environnement favorable aux entreprises allemandes
Pour Berlin, il s’agit de créer un environnement plus favorable aux entreprises allemandes et européennes sur les marchés africains, en réduisant les risques perçus et en facilitant les projets d’investissement. Dans un contexte de compétition accrue entre puissances économiques pour accéder aux marchés africains, ce type d’outil devient un levier diplomatique et financier à part entière.
De son côté, ATIDI consolide son rôle de plateforme panafricaine de mitigation des risques. L’institution, créée en 2001 par des États africain – qui s’appelait l’ACA (Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique) jusqu’en 2023 – s’est imposée comme un acteur central pour soutenir les échanges et l’investissement sur le continent. L’arrivée de la KfW renforce sa crédibilité auprès des investisseurs, tout en confirmant l’intérêt croissant des partenaires européens pour des mécanismes africains de partage des risques.
Au-delà de l’annonce financière, cette opération traduit une évolution plus large des relations économiques entre l’Europe et l’Afrique. Les bailleurs misent désormais davantage sur des instruments capables de transformer l’aide en levier d’investissement privé, avec l’idée de financer non seulement des projets, mais aussi les conditions de leur bancabilité.



