Le cacao ivoirien très amer

La filière cacao ivoirienne traverse une grave crise structurelle. Détournements de fonds, gestion opaque, le rapport de l’Inspection générale d’Etat est très sévère. Le ministre de l’Economie, sceptique, exige un nouvel audit.

Réponse en septembre. Le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Paul Bohoun Bouabré, ne décolère pas contre le rapport de l’Inspection générale d’Etat (IEG), organisme indépendant. Dans sa conférence animée jeudi dernier, il a annoncé l’audit des structures de la filière café-cacao.  » Aujourd’hui, tout est en place et l’audit devrait commencer dans les deux prochaines semaines et le rapport devrait être remis un mois plus tard. Nous n’avons rien à cacher et nous avons fait appel à une structure internationalement connue compétente et incontestable « , déclare le ministre sans citer le nom du cabinet d’audit. Cette décision intervient après le rapport très sévère du IEG qui révèle que la filière est victime de détournements, de gestion opaque et d’un dysfonctionnement structurel.

Mafia, détournement et corruption

L’Inspection générale d’Etat, dans le rapport qu’elle a remis au président Laurent Gbagbo, fustige les actuels dirigeants, accusés de malversation financière. Pour l’IEG, la faute revient à l’Etat qui a laissé s’installer à la tête de la filière un groupe de planteurs (32 personnes) sans représentativité. C’est cette oligarchie qui aurait mis la main sur les recettes fiscales de la vente du cacao.  » C’est pitoyable ! Je n’ai jamais vu un rapport aussi faible. Quand, je l’ai vu pour la première fois, j’étais scandalisé et j’ai pensé que les journalistes avaient déformé les choses. Mais à la réalité et pour une fois, les médias ont été fidèles. Je trouve pitoyable que les gens puissent écrire des choses incroyables de ce genre », s’est emporté le ministre de l’Economie et des Finances.

Henri Amouzou, président de l’ANAPROCI, la principale organisation mise en cause par le rapport de l’IGE, attribut cette polémique  » aux ennemis des producteurs ivoiriens « .  » C’est le cabinet Commodities cooporate consulting (CCC) que nous visons. Son but est d’intoxiquer l’opinion nationale et internationale pour permettre aux bailleurs de fonds et aux multinationales de revenir à la libéralisation sauvage. Il veut anéantir la force de notre système « , explique-t-il dans Fraternité-Matin.

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, avec plus de 40% du marché mondial, quelque 620 000 plantations cultivées et environ 6 millions de personnes vivant directement ou indirectement du cacao.

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