Le cacao ivoirien dicte les cours

Le cours du cacao n’a jamais été aussi haut depuis trois ans et demi. Au centre de la fièvre de la fève, les mauvaises récoltes du premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire, expliquent les envolées du marché.

1 105 livres par tonne : jamais la fève n’avait été aussi précieuse depuis trois ans et demi. La bourse de Londres, plaque tournante internationale du marché du cacao, a encore clôturé vendredi à la hausse (plus de 12% depuis le début de l’année). Responsable de cette envolée des cours : la Côte d’Ivoire. Les mauvaises récoltes du premier producteur mondial (plus de 40% du marché) ont affecté une offre globale devenue insuffisante.

Les prévisions étaient mauvaises. Alors que le marché s’attendait à une production ivoirienne de plus d’un million de tonnes, les chiffres actuels de la récolte principale (septembre/février) s’annoncent moins élevés que prévus et n’excéderont sans doute pas les 850 000 tonnes cette année. Loin derrière la production record de 1999 (1,4 milliard de tonnes). Un déficit qui succède à celui de la saison 2000/2001.

Le Ghana lieutenant de la flambée des prix

Le Ghana, numéro deux du cacao mondial, affiche lui aussi une production à la baisse. Il lui manque d’ores et déjà 60 à 80 000 tonnes pour honorer les 400 000 tonnes qu’il avait déjà vendu par anticipation. Les négociants ghanéens se lancent eux aussi à l’assaut des marchés pour combler le trou dans les différents engagements nationaux.

Face à la flambée des cours, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le marché à terme pour éviter les écueils spéculatifs. Un prix fixe à la tonne est établi aujourd’hui pour des achats différés. Une bonne affaire si la tendance résolument à la hausse du marché se poursuit. Un mauvais calcul si la bourse du cacao décidait de ralentir son activité ou d’inverser la vapeur.