Le Burkina Faso se dote d’un cadre juridique pour le nucléaire civil et la gestion des risques climatiques


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Les Présidents Ibrahim Traoré du Burkina Faso et Vladimir Poutine de la Russie
Les Présidents Ibrahim Traoré du Burkina Faso et Vladimir Poutine de la Russie

En pleine recomposition de sa stratégie énergétique et de gestion des risques, le Burkina Faso pose deux jalons majeurs. Les députés de l’Assemblée législative de transition ont autorisé l’adhésion du pays à la Convention de Vienne sur la responsabilité nucléaire. Dans le même temps, ils ont validé la ratification de l’accord instituant la Mutuelle panafricaine de gestion des risques.

Une double décision qui vise à encadrer le futur programme électronucléaire du pays et à renforcer sa résilience face aux catastrophes climatiques.

Un jalon décisif dans la construction d’un programme nucléaire civil

L’Assemblée législative de transition (ALT) du Burkina Faso a adopté, le 27 janvier 2026, un projet de loi autorisant le pays à adhérer à la Convention de Vienne sur la responsabilité civile en matière de dommages nucléaires, datant du 21 mai 1963. Ce traité international encadre la responsabilité en cas d’accident nucléaire, tout en garantissant l’indemnisation des victimes pour les préjudices matériels, corporels, environnementaux et économiques.
Ce vote s’inscrit dans le cadre du développement du programme électronucléaire burkinabè, amorcé depuis 2024 avec la création de l’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA). En juin 2025, le Burkina Faso a signé un accord de coopération avec la Russie, à Saint-Pétersbourg, concernant l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, en collaboration avec la société russe ROSATOM.

L’adhésion à la Convention de Vienne permet ainsi de renforcer le cadre juridique et institutionnel du pays. Cette décision répond aux exigences de transparence, de sécurité et de responsabilité attendues par la communauté internationale. « Le Burkina Faso, en s’engageant à développer un dispositif d’énergie nucléaire, doit aussi montrer à l’opinion internationale qu’il prend la responsabilité de réparer en cas d’incidents », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré.

Vers une meilleure résilience face aux risques climatiques

Lors de cette même session parlementaire, les députés burkinabè ont également voté une autorisation de ratification de l’accord portant création de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC), signée à Pretoria en 2012. Cet instrument de l’Union africaine vise à aider les États membres à anticiper et gérer les conséquences des catastrophes naturelles et risques météorologiques extrêmes.

Le ministre a rappelé que cette adhésion comble un vide juridique et opérationnel en matière de réponse d’urgence climatique, ce qui permet au Burkina de se doter d’un mécanisme africain autonome, plus rapide et efficace que l’aide humanitaire extérieure.
À titre d’exemple, pour la campagne agricole 2023-2024, le Burkina Faso a reçu plus de 2,6 milliards de francs CFA de la mutuelle après y avoir souscrit pour environ 800 millions. Cette aide qui a permis de soutenir plus de 30 000 ménages démontre l’efficacité concrète du dispositif.

Une double ambition : sécurité énergétique et souveraineté climatique

En l’espace d’une seule séance, les députés de la transition ont validé deux textes aux enjeux cruciaux : l’adhésion à la Convention de Vienne sur les risques nucléaires, et la ratification d’un accord panafricain sur la gestion des catastrophes naturelles. D’un côté, il s’agit de poser un cadre juridique en cas d’accident nucléaire ; de l’autre, de renforcer les mécanismes de réponse face aux crises climatiques.
Pour les autorités, ces choix traduisent une volonté claire : préparer le pays à affronter les défis énergétiques et environnementaux avec des outils juridiques adaptés.

Sidoine
Sidoine observe, écoute et raconte l’Afrique telle qu’elle se vit au quotidien. Sur Afrik.com, il mêle récits, portraits et analyses pour donner chair aux événements et aux débats qui animent le continent
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