La culture facteur de cohésion nationale

La Biennale artistique et culturelle du Mali ouvre ses portes dimanche à Bamako après 15 ans d’absence. Dix jours de festivités pour témoigner de la richesse et de la diversité culturelle du pays. Pour le ministre de la Culture, Cheik Omar Sissoko, l’initiative est un acte fédérateur fort qui participe à souder la nation.

La Biennale du Mali revient après 15 ans d’absence. Le coup d’envoi sera donné dimanche à Bamako pour dix jours de spectacles et de représentations. Venus des différentes régions du pays, les troupes et les artistes se sont donnés rendez-vous dans la capitale pour illuminer cette nouvelle et grande vitrine des différentes cultures nationales. Le ministre de la Culture, Cheik Omar Sissoko, revient sur les objectifs de l’événement et sur son engagement militant pour défendre la culture.

Afrik : Quel est l’objectif de cette Biennale ?

Cheik Omar Sissoko : Le même depuis le lancement du concept en 1962. Il répond à un besoin pour le pays de revisiter ses cultures locales pour assurer leur pérennité et leur développement. La biennale est un facteur de cohésion nationale. Le territoire malien fait 1 240 millions de kilomètres carrés. Le pays est un véritable carrefour culturel. Il y a des régions distantes de 2 000 km les unes des autres. Des régions totalement différentes avec leurs propres modes de vie, leurs propres formes d’expressions artistiques. Or elles font toutes partie d’une même nation. La biennale permet de communier ensemble pour cultiver notre diversité culturelle.

Afrik : Le retour de la Biennale s’est fait en catimini. Il y a peu de publicité autour de l’événement. Comment expliquez-vous cela ?

Cheik Omar Sissoko : Nous avons beaucoup investi à l’intérieur du pays, mais nous n’avons pas encore tous les moyens de nos ambitions.

Afrik : Les biennales ont-elles permis de révéler des talents d’envergure internationale ?

Cheik Omar Sissoko : Oumou Sangaré, Nahawa Doumbia, Habib Koité, Fantani Touré et bien d’autres y ont été découverts.

Afrik : Vous êtes un farouche défenseur de la culture que d’aucuns considèrent comme la cinquième roue du carrosse en Afrique. La culture n’est-elle pas un luxe pour le continent ?

Cheik Omar Sissoko : Certainement pas. Les acteurs de la culture sont des acteurs économiques de développement, pas des amuseurs de galerie. Il existe une véritable économie de la culture à structurer au Mali et en Afrique. Et même si cela n’est pas encore bien perçu par tout le monde, il reste certain que la culture est également un puissant facteur de stabilité et de paix sociale. Le Président (Amadou Toumani Touré, ndlr) et le Premier ministre (Ahmed Mohamed Ag Hamani, ndlr) me soutiennent totalement dans mon action.

Afrik : Votre militantisme au Mali a-t-il suscité une nouvelle dynamique chez vos homologues de la sous-région ?

Cheik Omar Sissoko : Il y a des ministres de la Culture qui ne m’ont pas attendu pour s’investir totalement dans leur tâche. Le meilleur exemple reste le Burkina et le travail de Mahamoudou Ouédraogo. Un travail que j’ai déjà salué bien avant d’être ministre. Il a compris que la culture est capitale pour son pays. Le Salon international de l’artisanat africain (Siao, ndlr), le Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco) sont parmi les plus importants rendez-vous du continent. Ils sont à ce titre de véritables ambassadeurs du Burkina.

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