La CNUCED se prononce pour une réorientation de l’aide aux PMA

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) vient de publier son rapport 2008 sur les pays les moins avancés. Après l’analyse de données économiques, un nouvel angle d’approche est préconisé pour aider ces Etats : une aide au développement axée sur les secteurs de production.

Par Fatima Sagaf

Une aide dirigée vers les secteurs de la production. C’est l’orientation qu’a préconisé le chargé du département des pays les moins avancés (PMA) lors de la présentation du rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), mercredi, à Paris. Tout en reconnaissant une croissance économique importante des PMA ces trente dernières années (de l’ordre de 6,7% en 2007), Habib Ouane a souligné qu’« on est encore loin de rejoindre l’ensemble des objectifs ». D’autant que la croissance des PMA risque fortement d’être « non-durable » et « non-productrice d’emplois ».

« Eviter le piège des matières premières »

Pour M. Ouane, il faut dès à présent promouvoir une politique d’investissement dans le secteur de la production. A l’appui de différents exemples, celui-ci constate que l’aide attribuée à la production est restée considérablement minime par rapport à celles allouées à l’éducation ou à la santé. Ce qu’il regrette, jugeant que le secteur de la production est essentiel en termes de création d’emplois.

M. Ouane insiste d’ailleurs sur la nécessité d’industrialiser l’Afrique. Mais pas n’importe comment. « Il faut éviter le piège des matières premières », affirme-t-il. Car, ajoute-t-il, ce sont des produits à faible valeur ajoutée qui « participent au processus de désindustrialisation de ces pays ».

Utiliser les transferts de fonds pour créer des entreprises

Autre piège à éviter : la mauvaise utilisation des transferts d’argent de la diaspora. M. Ouade constate que « ces flux financiers s’orientent pour une grande part vers la satisfaction de biens de consommations » des populations alors qu’ils pourraient aussi bien « être utilisés pour participer à la création d’entreprises ».

M. Ouane considère également qu’il faut atteindre une meilleure « harmonisation » de la gestion de l’aide. Selon lui, « les PMA devraient adopter des politiques nationales de gestion de l’aide adaptées à leurs situations ». Ainsi s’ingénie-t-il à prendre pour exemple le Rwanda et le Mozambique dont la gestion a abouti à des résultats « très probants ».

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