La Centrafrique au bord de l’asphyxie

Le feuilleton de l’arrestation du général Bozizé se poursuit malgré la médiation de l’émissaire de l’ONU en Centrafrique, le Sénégalais Lamine Cissé. Depuis samedi dernier, Bangui est le théâtre d’affrontements entre les fidèles du président Ange-Félix Patassé et ceux de l’ancien chef d’état-major, François Bozizé.

Bangui retient son souffle. Ce mercredi matin, des tirs à l’arme lourde sont entendus au nord de la capitale et la circulation des habitants est strictement limitée. Depuis samedi dernier, calme précaire et flambée de violence se succèdent alternativement. Même la route qui mène vers le nord du pays n’a été rouverte, provisoirement, que depuis mardi. Il a fallu l’intervention du médiateur sénégalais, Lamine Cissé, pour convaincre l’ancien chef d’état-major, le général François Bozizé, d’ordonner à ses troupes de désengorger la capitale centrafricaine. La présidence centrafricaine signale que François Bozizé s’est enfui de Bangui avec un groupe de partisans.

Instabilité chronique

Rappel historique. Des partisans du général Bozizé s’étaient opposés par les armes, dans la nuit de vendredi à samedi, à l’arrestation de l’ancien chef d’état-major des forces armées, limogé le 26 octobre dernier, toujours retranché dans sa résidence du nord de la capitale. La justice centrafricaine accuse François Bozizé d’avoir participé à la tentative du coup d’Etat, fomentée par l’ancien président, André Kolingba, le 28 mai dernier. Accusation que François Bozizé récuse totalement.

Kadhafi au secours de Patassé. La présidence centrafricaine multiplie les garanties, sans autre précision, pour François Bozizé, mais ce dernier demeure réticent.  » Le général Bozizé a été limogé en tant que chef d’état-major, mais il reste général d’active de l’armée nationale, bénéficiant de la confiance du chef de l’Etat « , répète à l’envi le porte-parole de la présidence. En vain. L’ancien chef d’état-major demeure sourd à ce discours. Selon plusieurs sources concordantes, les troupes libyennes qui assurent la sécurité du président Patassé auraient été renforcées.

Pour le représentant de l’ONU, les deux parties font des concessions mais le problème Bozizé est loin d’être réglé.  » Il y a beaucoup de problèmes ethniques. François Bozizé a passé cinq ans à la tête de l’armée. Il est du Nord comme le président Patassé, même s’ils ne sont pas de la même ethnie. Ils habitent le même secteur, ils cohabitent là-bas. Beaucoup de militaires appartiennent à l’une ou l’autre ethnie. C’est une question délicate dont il faut tenir compte « , explique Lamine Cissé à l’Afp.

Une mission de l’Union africaine est attendue ce mercredi à Bangui pour débloquer la situation.