Patassé veut la tête de Kolingba

Le calme revient peu à peu dans la capitale centrafricaine. Une semaine après la tentative de coup d’Etat, les mutins sont toujours dans la nature et la tête de leur chef est mise à prix pour 250 000 FF. Mort ou vif.

La  » mutinerie est terminée  » déclarait dimanche le président centrafricain Ange- Félix Patassé. Demandant aux putschistes de se rendre, il estimait que la situation avait été reprise en mains par ses troupes. Pourtant, lundi encore, les Forces armées centrafricaines (FAC), qui ont réussi à reprendre le contrôle des quartiers sud-est de Bangui, poursuivaient leurs opérations de ratissage dans les quartiers sud-ouest de la capitale, où les mutins, désormais moins d’une centaine selon Bangui, ont trouvé refuge.

Les FAC seraient appuyées par des rebelles du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, venus prêter main-forte au président Patassé. La Libye a, elle aussi, envoyé des troupes – plusieurs centaines d’hommes – avec pour mission de protéger les sites stratégiques aux mains du gouvernement centrafricain dans le nord de la ville, comprenant la résidence présidentielle. Des hommes de l’armée régulière tchadienne sont également venus en renfort. On rappelle que depuis six jours, les combats ont fait plusieurs centaines de morts.

Tête mise à prix

La tête de l’ex-général André Kolingba, auteur présumé de la tentative de coup d’Etat du 28 mai dernier, a été mise à prix : 25 millions de F CFA (250 000 FF) offerts à  » quiconque pourrait le ramener mort ou vivant « . Rétrogradé le 24 mai au rang de soldat de 2ème classe, Kolingba fait depuis l’objet de sept chefs d’accusation dont  » tentative de coup d’Etat  » et  » assassinat « . Il avait implicitement reconnu sa participation au putsch manqué et appelé le 31 mai les soldats mutins à déposer les armes.

La maison de Kolingba a été prise d’assaut samedi soir par les FAC. Aux dernières nouvelles, le général est toujours en fuite le long du fleuve Oubangui, en direction de l’est.